Pour nos revendications vitales, il faut un programme de lutte

Editorial des bulletins d'entreprise
23/01/2012

« Mon ennemi, c'est le monde de la finance », a déclaré François Hollande, dimanche 22 janvier, à son meeting du Bourget. Mais depuis des années que l'économie s'enfonce dans une crise due aux spéculations des banques, il n'a pas manqué de politiciens pour dénoncer la dictature des marchés financiers et déclarer qu'ils allaient y mettre bon ordre. Sarkozy lui-même n'a pas été avare de discours pour dire qu'il « n'admettra pas » cette situation. Il a tapé du pied et dit qu'il allait régler la question. Hollande ne pouvait pas être en reste.

Mais, au-delà des mots ronflants, les mesures que propose Hollande ressemblent à celles de l'actuel président, et elles ont déjà fait la preuve de leur inefficacité. Il parle de réforme bancaire, de taxation des transactions financières à un taux ridicule, et d'interdire aux banques françaises d'être présentes dans les paradis fiscaux. Il parle même d'« interdire les produits toxiques » des banques : mais qui les empêchera de dire qu'ils sont excellents ?

Qu'ils viennent de Sarkozy ou qu'ils soient proposés par Hollande, ces remèdes ressemblent à ceux d'un médecin qui proposerait de l'aspirine contre le cancer. Pendant que ces gens-là amusent la galerie, la maladie continue ses ravages.

Les ouvrières de Lejaby viennent d'apprendre la fermeture de leur usine - dans une région où il leur sera très difficile de retrouver un emploi -, simplement parce que le patron repreneur veut faire plus de profits. Les annonces de suppressions d'emplois se succèdent, de PSA à SeaFrance, Petroplus, Cofinoga, Merck, et bien d'autres.

Pourtant, personne parmi les dirigeants politiques ne parle de retirer aux patrons ce droit exorbitant de fermer une entreprise comme on ferme sa porte le matin, en mettant leurs salariés à la rue. Pour Sarkozy - Fillon, la liberté de licencier fait partie de la liberté d'entreprendre, mais en fait pour Hollande aussi.

L'interdiction des licenciements serait la première mesure d'urgence à prendre pour stopper l'augmentation du chômage, mais Hollande n'en a rien dit, pas plus qu'il n'a promis quoi que ce soit sur les salaires. Même la promesse du retour à la retraite à 60 ans n'est destinée qu'à ceux qui auront cotisé 41 ans.

Pendant que la crise s'aggrave, on nous amuse avec des mots creux. Il n'y a rien à espérer des prochaines élections. Que Hollande ou Sarkozy gagne, le vainqueur poursuivra la même politique. Il se pliera à la logique patronale des licenciements, au nom de la compétitivité. Il continuera les suppressions d'emplois dans les services publics, et l'austérité pour payer la dette creusée au profit des banquiers. Seuls les discours seront différents, et encore.

Mais pour les chômeurs, pour les travailleurs qui craignent de se retrouver à la rue, pour tous ceux qui n'arrivent plus à finir le mois, ce ne sont pas des mots, mais des réalités. Il faut, d'urgence, arrêter cette dégradation sociale. Et pour cela, les travailleurs, les chômeurs, ne peuvent faire confiance qu'à eux-mêmes.

Contre les banquiers, contre le système financier, contre le patronat et contre les gouvernements qui leur obéissent, il faut établir un autre rapport de force. Les travailleurs ne peuvent accepter de se laisser réduire progressivement à la misère. Ce sont eux qui produisent toutes les richesses de cette société, alors ils peuvent mettre à la raison tous ces gens qui prospèrent sur leur dos; à condition de se servir de la puissance dont ils disposent, par la grève, par les manifestations, par une puissante lutte collective.

Oui, il faut imposer nos exigences essentielles. Contre le chômage, il faut imposer l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Contre la hausse des prix, il faut imposer l'augmentation des salaires et leur indexation sur l'inflation. Face aux grandes entreprises qui invoquent la crise pour licencier, il faut imposer le contrôle des travailleurs sur leurs comptes et prendre sur leurs profits.

Tout cela n'est pas un programme de promesses électorales, c'est un programme de lutte. Nathalie Arthaud se présente à l'élection présidentielle au nom de Lutte Ouvrière pour populariser ce programme qui est celui des revendications vitales des travailleurs et de l'ensemble des couches populaires. Car, face à ce système économique capitaliste atteint de folie, il n'y a qu'une candidate communiste qui puisse le mettre en avant.

Et ce programme, les travailleurs ont la force de le mettre en œuvre.