Sarkozy en spectacle : décidément, il n’a pas volé l’aversion du monde du travail

Communiqué
07/03/2012

Comédien de série B, essayant de faire pleurer dans les chaumières en évoquant ses anciens malheurs conjugaux pour expliquer son escapade au Fouquet's, quelques autocritiques sur des peccadilles, et, pour le reste, Sarkozy était tel qu'en lui-même à son spectacle télévisé d'hier soir !

C'est précisément en cherchant à convaincre qu'il n'a pas été, durant cinq ans, le président des riches qu'il a asséné une lourde démonstration contraire. Il a chanté une véritable ode à son grand ami Bolloré qui l'avait obligeamment invité sur son yacht, ode qu'il a élargie à tous les riches, « ces Français qui réussissent » et «qui donnent du travail aux autres ». Il fallait avoir le culot qui le caractérise pour sortir cela, dans un pays où il y a trois millions de chômeurs officiellement recensés, où les licenciements et les fermetures d'usines se suivent en rafales, et où huit millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté !

À cela se sont ajoutées, pêle-mêle, quelques expressions méprisantes à l'égard des chômeurs, des couplets contre les travailleurs immigrés, dont il se propose de réduire le nombre et d'aggraver les difficultés, une sollicitation appuyée en direction de l'électorat du Front national, et un méli-mélo ridicule sur la traçabilité de la viande halal... En somme, le langage de classe d'un homme qui, pour se faire réélire, ne compte plus que sur les bas instincts de l'électorat de droite, des réactionnaires les plus bornés, sur ces possédants, petits et grands, qui ont une haine viscérale des salariés et pour qui les salariés des services publics sont des fainéants dont on peut réduire le nombre, et les chômeurs des assistés qui ont bien cherché à l'être.

Une prestation télévisée qui confirme que Sarkozy n'a pas volé le dégoût qu'il suscite dans le monde du travail !