Quand les dirigeants européens brassent du vent

Communiqué
09/12/2011

Comme tous les sommets européens précédents, celui qui vient d'avoir lieu est qualifié de « sommet de la dernière chance ». La répétition des auto-congratulations après chacun de ces sommets serait simplement ridicule si, derrière le cirque médiatique, il n'y avait la crise et les menaces sur le sort des dizaines de millions d'exploités d'Europe.

La rencontre entre chefs d'État a illustré le fait que l'Union européenne n'est en réalité qu'un conglomérat d'États qui cherchent à défendre, chacun, leur classe capitaliste nationale. C'est la jungle où les plus puissants, l'Allemagne et la France, imposent leur loi aux autres sans pour autant maîtriser les soubresauts de la finance et encore moins la crise.

Les affirmations du genre « graver dans le marbre la nécessité de respecter l'équilibre budgétaire » sont dérisoires. Tout cela était déjà « gravé dans le marbre » il y a vingt ans lors du traité de Maastricht.

Mais, derrière cette impuissance des États d'Europe à maîtriser l'économie, il y a la volonté d'imposer à leur population des plans d'austérité de plus en plus impitoyables. Le seul ciment de l'unité européenne en cette période de soubresauts financiers est la commune volonté de faire payer les classes exploitées afin de satisfaire les exigences des banquiers et les groupes capitalistes qui spéculent sur le marché financier.

Les travailleurs n'ont aucune raison de se réjouir de ces sommets dont on ne sait qui, des États rivaux, sort victorieux, mais dont on peut être sûr que les victimes en sont les classes populaires. Ce n'est pas au profit des classes populaires que les États se sont endettés, ce n'est pas à elles de rembourser ! Le chantage à la dette ne doit pas empêcher les travailleurs de défendre leur peau, de refuser les licenciements et d'imposer par la lutte la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire.

Nathalie ARTHAUD