Michelin : les escrocs de haut vol

Communiqué
01/03/2012

Une enquête de police vise une fraude à la Sécurité sociale par dissimulation des accidents du travail à Michelin dans plusieurs de ses usines. L'encadrement y déguise les accidents en simples « arrêts de travail ». Les travailleurs concernés peuvent y perdre beaucoup, car les régimes d'indemnisation sont très différents, a fortiori en cas de complications ou d'invalidité. La Sécurité sociale y perd aussi, car Michelin évite ainsi de payer des pénalités. Pour parvenir à ses fins, Michelin a recours à des menaces diverses, à des coups de fil et autres visites à domicile pour faire pression sur les salariés concernés.

Michelin n'est pas vraiment à court d'argent : 2e trust mondial du pneu, employant 103 000 personnes, elle a affiché une hausse de 39 % de son bénéfice net 2011, à 1,46 milliard d'euros. Ces profits, elle les réalise en augmentant les cadences, en exploitant ses salariés, et en ruinant leur santé - la non-déclaration des accidents du travail représenterait un gain de plusieurs centaines de millions d'euros.

Cette pratique se retrouve dans bien des entreprises. Ces fraudeurs en col blanc, les politiciens ne les critiquent jamais, quand ils ne les font pas largement profiter des fonds publics. Je trouve tout à fait révoltant qu'ils puissent ainsi briser des vies pour le profit. Je suis entièrement solidaire du combat de la CGT-Michelin contre ce forfait.

Nathalie ARTHAUD