Libye : la « libération » ne sera pas pour les femmes

Communiqué
24/10/2011

Les responsables du Conseil national de transition ont annoncé officiellement hier la « libération » de la Libye. Que Moustapha Abdeljalil, le président du Conseil national de transition, soit l'ancien ministre de la Justice de la dictature, en dit long sur ce que la population libyenne peut espérer de cette « libération ».

Ce qui est d'ores et déjà certain, c'est que même s'il devait y avoir à l'avenir certaines mesures de démocratisation - et rien n'est moins sûr -, la moitié de la population en sera tenue à l'écart : les femmes. Abdejalil a en effet annoncé que la future Constitution aurait pour source « la loi coranique », et les toutes premières lois annoncées constituent un bond en arrière de 40 ans pour les femmes libyennes : le divorce sera interdit, et la polygamie restaurée.

Le régime de Kadhafi était une dictature infâme. Mais le nouveau régime, qui annonce déjà son intention d'opprimer les femmes, ne vaudra sans doute pas mieux. Quant aux pays impérialistes qui ont pilonné la Libye pendant des mois en vue de signer de bons contrats pour leurs multinationales, ils se moquent autant du sort des femmes libyennes qu'ils se moquaient de celui des opposants sous Kadhafi.

Nathalie ARTHAUD