Hollande propose l'aspirine contre le cancer

Communiqué
23/01/2012

En meeting hier au Bourget, le candidat du PS François Hollande a dénoncé le « monde de la finance ». Mais les mesures annoncées tenaient plutôt de l'aspirine contre le cancer.

Taxer les transactions financières ? Mais d'un taux tellement dérisoire que même Sarkozy s'y est rallié ! Séparer les banques d'affaires et de dépôt ? Mais les Etats-Unis l'ont fait pendant 70 ans et cela n'a absolument pas empêché la spéculation qui ravage l'économie et met aujourd'hui les Etats à genoux. Pour empêcher la spéculation, il faudrait exproprier les banques sans indemnité ni rachat, ce à quoi Hollande ne s'engage pas.

Quant aux engagements vis-à-vis du monde du travail, il n'y a rien. Même la promesse du retour à la retraite à 60 ans n'est destinée qu'à ceux qui auront cotisé 41 ans. Elle resterait donc lettre morte pour la plupart. Hollande n'a rien non plus à proposer pour mettre fin aux licenciements et à la progression du chômage. Rien pour garantir le pouvoir d'achat des salariés. Rien pour rogner sur les milliards de profits de dividendes des entreprises du CAC 40. Pour les services publics, Hollande dit qu'il supprimera autant d'emplois qu'il en créera. Sa seule vraie proposition est celle de renflouer les déficits publics. Comment ? Puisqu'il ne s'en prendra pas aux capitalistes, ce sera encore en faisant payer les salariés, les chômeurs, les retraités.

Alors si le monde du travail a toutes les raisons de vouloir se débarrasser de Sarkozy, il n'a vraiment rien à attendre de Hollande.

Nathalie ARTHAUD