Contre Moubarak, contre les dirigeants des grandes puissances qui l’ont protégé, solidarité avec la lutte des masses pauvres égyptiennes

Communiqué
04/02/2011

De nombreuses manifestations hostiles à la dictature de Moubarak se déroulent, organisées par les courants politiques les plus divers, notamment samedi 5 février à Paris. Lutte Ouvrière condamne les tentatives du pouvoir égyptien de faire taire la contestation en recourant ces derniers jours à de grossières et violentes provocations, notamment contre les manifestants de la place Tahrir. Elle affirme sa solidarité avec tous ceux qui, dans la population égyptienne, veulent le départ de Moubarak, en place depuis trente ans, et la fin d'un régime sous lequel ils n'ont connu que la corruption, l'absence de libertés et la répression policière, s'ajoutant à la misère, au chômage et aux inégalités sociales.

Le fait qu'aujourd'hui les gouvernements de toutes les grandes puissances, les Etats-Unis mais aussi la France, prennent leurs distances d'avec ce dictateur, ne doit pas faire oublier que durant tout ce temps celui-ci a bénéficié de leur appui sans faille, ni surtout le fait que maintenant, en poussant Moubarak vers la sortie, ils hâtent le départ du dictateur pour sauver l'essentiel, l'exploitation et l'oppression des classes laborieuses.

Afin de donner à ce régime un nouveau visage, les grandes puissances voudraient que l'armée égyptienne se pare d'une réputation démocratique,. Mais si les masses égyptiennes ont raison de chercher des alliés parmi les soldats du rang, elles ne trouveront au sein de la hiérarchie militaire que de faux amis. Les Obama, les Sarkozy et leurs alliés des classes dirigeantes égyptiennes voudraient s'appuyer sur elle pour permettre à la même police, à la même armée, au même appareil d'Etat, de continuer à imposer la même misère au peuple égyptien, au profit de la même minorité d'exploiteurs et surtout au profit des grandes sociétés capitalistes occidentales.

Pour imposer leur droit à la vie, les travailleurs, les chômeurs, les masses pauvres égyptiennes qui veulent en finir avec l'oppression, devront prendre conscience de leurs propres intérêts face à tous ceux qui voudraient permettre à ce système d'exploitation de se survivre, à commencer par les dirigeants des grandes puissances. Il est d'autant plus important que les travailleurs égyptiens aient en revanche la solidarité de tous les travailleurs, notamment ici en France. C'est cette solidarité de travailleurs dans la lutte contre l'oppression que Lutte Ouvrière tient aujourd'hui à exprimer.

Nathalie ARTHAUD