Après la conférence de presse de Sarkozy du 24 janvier :<br> Le loup qui veut se faire passer pour un agneau

Communiqué
24/01/2011

Lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a laborieusement essayé de convaincre l'opinion que s'il avait été "silencieux" à l'égard de la dictature de Ben Ali, c'était parce qu'il s'interdisait toute ingérence dans les affaires d'un autre pays. Plus jésuite que lui, tu meurs. Comme si la France des Sarkozy, Chirac et autres se tenait vertueusement à l'écart de ces dictateurs, pendant longtemps amis. Comme si la France, ancienne puissance coloniale, en particulier en Afrique, ne disposait pas de garnisons militaires dans la plupart de ces pays, en même temps que de réseaux d'influence pour venir en aide aux capitalistes qui occupent une place importante dans leur économie. Contrairement à ce que ce bonimenteur nous répète, la Françafrique, ce n'est pas une vue de l'esprit, c'est une sordide réalité qui a perduré, y compris en Tunisie.

Par ailleurs, il a réaffirmé sa volonté de moraliser la spéculation et d'encadrer les activités bancaires, sur le ton du « retenez moi, je vais faire un malheur ».Le fait qu'il nous répète cela depuis des mois, sans que rien ne se passe, ne l'empêche pas de jouer les matamores. Sur ce terrain, il est d'autant moins crédible, que c'est sa politique, qui procure les milliards dont les banques se servent pour spéculer.

Nathalie ARTHAUD