Après l’allocution télévisée de Sarkozy : grand exercice d'hypocrisie

Communiqué
27/02/2011

Sur fond de Marseillaise, Sarkozy nous a annoncé un dérisoire remaniement qui se réduit à un (petit) jeu de chaises musicales. Alliot-Marie remplacée par Juppé, c'est changer son bonnet blanc contre un blanc bonnet. Quant à l'arrivée de Longuet au ministère des armées, c'est utiliser un vieux cheval de retour, connu pour ses positions passées de droite extrême, mais aussi pour son implication dans des affaires douteuses.

Comme il fallait s'y attendre, rien ne change. Même pas les hommes qui changent tout au plus de fauteuils ou de portefeuilles !

Sarkozy n'a rendu un hommage, bien tardif, à la révolte des peuples de la rive sud de la Méditerranée, que pour agiter le risque d'une vague d'immigration massive que les puissances européennes pourraient avoir du mal à juguler. C'était le choix d'agiter cette crainte comme un épouvantail prenant place dans la panoplie sécuritaire. C'est le naturel qui revient au galop.

Faut-il rappeler que le soulèvement des peuples arabes a été alimenté par des décennies d'oppressions qui n'ont pas débuté avec les dictateurs qui viennent d'être renversés ou qui sont en voie de l'être ? Elles datent du passé colonial, dont la France était l'un des fleurons. Et les puissances impérialistes n'ont pas cessé de nuire à ces pays quand ils sont devenus indépendants. L'Etat et les capitalistes français ont ainsi été parmi les principaux soutiens des dictatures contre lesquelles se dressent aujourd'hui les peuples. Sarkozy et ses ministres restent les représentants de cette politique.