Mon programme de luttes

 

Pour supprimer le chômage, il faut imposer des embauches et la répartition du travail entre tous, avec maintien du salaire !

 

Le chômage de masse n’a rien d’une fatalité, il est le résultat de la politique du grand patronat qui, partout, pour augmenter les profits et les dividendes, cherche à supprimer des emplois et à surcharger de travail ceux qui reste. Pendant que près de six millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi, dans la grande majorité des entreprises, c’est la course à la productivité, les travailleurs se voient imposer, l’augmentation des cadences et l’allongement des horaires, parfois entre deux périodes de chômage partiel.

L’État et les collectivités locales mènent depuis des années la même politique, contre les emplois et les salaires, afin de consacrer une part croissante de l’argent public au financement d’aides et de cadeaux fiscaux aux groupes capitalistes les plus puissants et à une minorité de riches privilégiés.

Il n’y a qu’un seul moyen de combattre le chômage, il faut mener la politique inverse, avec un seul objectif : aucun travailleur ne doit être privé d’un emploi et d’un salaire permettant de vivre correctement. Pour cela, il y a un moyen simple : il faut imposer la répartition du travail entre tous, sans baisse des salaires.

C’est aussi la seule revendication permettant d’exprimer les intérêts communs de ceux qui ont encore un emploi et de ceux qui en ont été privés. En combattant ensemble avec cet objectif, les travailleurs représenteront une force capable de faire reculer le patronat et ses serviteurs à la tête de l’État.

Cela a un coût ? Oui, bien sûr, mais qu’on ne nous dise pas qu’il n’y a pas d’argent dans la société ! Durant le confinement, l’État a garanti les affaires des capitalistes à coups de dizaines de milliards. Il s’est substitué au grand patronat en payant le chômage partiel à 12 millions de salariés. Et il continue de le faire, avec ses plans de relance se chiffrant en milliards.

Et surtout, au-delà de l’argent public, il y a tous les profits accumulés pendant des années par tous ces grands groupes. Durant le premier semestre de 2021, les seules entreprises du CAC 40 ont réalisé 58 milliards d’euros de profits ; pour l’ensemble de l’année, ces profits dépasseront certainement les 100 milliards d’euros. Soit l’équivalent de 2,3 millions d’emplois payés 2 000 euros, cotisations incluses.

Ces richesses, toutes créées par l’activité des travailleurs, sont détournées au profit des actionnaires et alimentent la fortune de quelques milliardaires. Dans cette période de crise où les conditions d’existence de millions de femmes et d’hommes sont menacées, il est légitime de revendiquer que ces milliards servent à garantir une vie correcte à celles et ceux sans lesquels rien ne fonctionnerait dans cette société. Et il faudra se battre pour l’imposer.

En fait, les choses sont simples : ce sont nos emplois ou leurs profits, nos salaires ou leurs dividendes, nos conditions de travail ou leurs rentes financières.

 

Aucun salaire, aucune pension de retraite, aucune allocation en-dessous de 2 000 € ! Il faut imposer leur indexation sur le coût de la vie !

 

L’augmentation brutale des prix des carburants, du gaz et de l’électricité a précédé celle de nombreux produits de consommation courante et plonge beaucoup de travailleurs dans l’angoisse de ne pas pouvoir finir le mois. Cette flambée des prix survient alors que les salaires sont bloqués depuis des années et que nous sommes confrontés à une offensive générale du patronat pour les baisser, en diminuant ou supprimant des primes ou en allongeant le temps de travail et en instituant des compteurs d’heures. Et il ne faut pas oublier les centaines de milliers de salariés qui n’ont pas touché une paye entière à cause du chômage partiel, ou parce qu’ils ne trouvent que des emplois à temps partiel.

Alors il faut une augmentation générale des salaires de base. Il faut remonter le Smic qui condamne plusieurs millions de salariés à la pauvreté. Le gouvernement l’a reconnu lui-même en fixant à 2 000 euros par mois la limite pour bénéficier de sa ridicule « indemnité inflation » : en dessous de cette somme, on ne peut pas faire face au coût de la vie.

Les travailleurs ne mendient pas des miettes, le versement d’une prime de temps en temps, ils ne réclament que leur dû ! Aucun salaire, aucune allocation, aucune pension ne doit être intérieur à 2 000 euros par mois !

Face à l’inflation, il faut indexer les salaires sur les prix. L’inflation redevient un problème très sérieux parce que, tôt ou tard, la flambée des prix de l’énergie, du transport et des céréales finira par se répercuter sur tous les prix, à commencer par ceux des produits alimentaires. Il faut que les salaires les pensions et les allocations augmentent au rythme des hausses que l’on mesure en faisant le plein d’essence et en remplissant son caddie.

Aujourd’hui, campagne électorale oblige, tous les politiciens chasseurs de voix font mine de se préoccuper des salaires. Les uns promettent des primes payées par l’État, les autres des augmentations de salaire contrebalancées par des exonérations de cotisations patronales, ce qui revient à les faire payer par l’État. C’est de l’escroquerie parce que cela consiste à prendre l’argent dans la poche des travailleurs en tant que contribuables. Cela revient à faire payer les augmentations de salaire aux travailleurs eux-mêmes.

Contrairement à ces politiciens, je ne fais pas de promesse électorale. Ces augmentations de salaire, il va falloir aller les arracher au patronat par nos luttes collectives. En mai 1968, la grève générale a forcé le patronat à augmenter les salaires de 30 %. Eh bien, voilà la méthode à employer : renouer avec les luttes, les grèves, et se faire craindre du patronat et du gouvernement !

 

Pour mettre fin à la course au profit des capitalistes, les travailleurs doivent imposer leur contrôle sur l’économie et supprimer le secret industriel et commercial !

 

Le secret commercial, le secret bancaire et le secret des affaires font partie des armes du grand capital pour imposer sa domination sur toute la société. La levée de ces secrets doit être un objectif des travailleurs.

Dans une totale absence de transparence, les capitalistes peuvent maintenir un voile sur la façon dont ils détournent les richesses produites par les travailleurs.

Une poignée de grands laboratoires pharmaceutiques ont pu ainsi fixer librement les prix des vaccins contre le Covid sans qu’il soit possible de connaitre leurs coûts de production. Mais le résultat est là, révoltant : les trois sociétés qui ont produit les principaux vaccins, Pfizer, BioNTech et Moderna, ont réalisé en 2021 34 milliards de dollars de bénéfices avant impôts, soit 1 000 dollars par seconde. Ces capitalistes ont pu profiter de la pandémie pour faire des profits faramineux en pillant les finances des États et en se moquant totalement des conséquences pour la santé publique.

Aucun gouvernement respectueux de la bourgeoisie et de son système ne fera rien pour remettre en cause le secret des affaires. Ce sera aux travailleurs de le faire ! Du chauffeur-livreur à l’ingénieur en passant par les agents du nettoyage, ils peuvent collectivement tout savoir des projets, des pratiques et des comptes des entreprises qu’ils font fonctionner. Ils doivent pouvoir regrouper ces informations et les rendre publiques sans risquer leur emploi ! Les riverains des installations doivent pouvoir connaître et contrôler au jour le jour ce qui est rejeté dans l’atmosphère, les sols ou les nappes phréatiques.

La revendication du contrôle sur les décisions des capitalistes joue un rôle essentiel dans la prise de conscience par les travailleurs de leur capacité à diriger la société. Prenant confiance dans leurs forces, ils revendiqueront de décider ce qui est produit, dans quelles conditions et pour satisfaire quels besoins, remettant ainsi en cause la propriété privée des entreprises. C’est dans le cadre de ce combat que les travailleurs seront amenés à poser la question du pouvoir, ouvrant la perspective d’une autre organisation de la société.