Il n'y a pas de vaccins contre les licenciements et la folie du capitalisme !

Editorial des bulletins d'entreprise  | English version
12/04/2021

La crise sanitaire, les questions autour du confinement et de la vaccination saturent les médias et masquent une autre crise, tout aussi dangereuse et meurtrière pour le monde du travail : celle de l’économie capitaliste.

L’exploitation, les bas salaires, l’augmentation de la charge de travail font partie du fonctionnement normal du capitalisme. Mais les marchés saturés et la concurrence exacerbée ont fait basculer, depuis plusieurs décennies déjà, l’économie dans la crise.

Avec un million de chômeurs et de pauvres supplémentaires depuis un an, avec 150 000 commerces mis à l’arrêt plusieurs mois et des secteurs entiers sinistrés, l’épidémie a fait passer un nouveau cap à la crise.

Malgré les milliards d’aides publiques et le chômage partiel censé éviter les licenciements, les plans de suppression d’emplois se sont multipliés. Les plus importants sont souvent le fait de groupes qui ont touché le plus d’aides : 5400 suppressions d’emplois pour Air France, par exemple, 4600 pour Renault. Dans le Nord : en plus de la fermeture de l’usine de Bridgestone, le groupe PSA-Stellantis a programmé la mort du site de Douvrin où travaillent 1500 personnes.

Le gouvernement fait tout un cinéma autour du souverainisme industriel et du « made in France », mais des centaines de sites industriels sont condamnés à la fermeture sans qu’il bouge le petit doigt. Ce sont des fonderies, des sous-traitants de l’aéronautique ou de l’automobile, des sites de l’agroalimentaire comme cette usine Knorr d’Unilever dans le Bas-Rhin.

Des centaines de milliers de salariés mais aussi des travailleurs à leur compte ont perdu leur gagne-pain. Beaucoup d’autres sont menacés de le perdre. D’autres encore ont basculé dans le surendettement à cause du chômage partiel et de la perte de leurs primes. Qu’en dit le ministre de l’Économie ? Que l’essentiel a été sauvé !

Eh oui, « l’essentiel » pour un ministre, comme pour tous les dirigeants de cette société, ce sont les profits et les fortunes de la minorité capitaliste ! Et merci pour Arnault, Bettencourt-Meyers ou Pinault, ce monde-là se porte à merveille. Leur club de milliardaires s’est agrandi passant de 39 à 42, et quand on additionne leurs fortunes, le total a presque doublé durant cette année de crise, atteignant 510 milliards d’euros.

Toutes les guerres ont leurs profiteurs, et celle contre le virus ne fait pas exception. Parmi eux, il y a bien sûr les Google et Amazon, les groupes pharmaceutiques ou encore la grande distribution. C’est le cas de Carrefour dont le PDG reconnaît que les résultats ont été exceptionnels l’année dernière. Mais il faut que les salariés fassent grève pour arracher ne serait-ce que la prime Covid !

La façon dont une minorité s’enrichit sur la crise sanitaire, alors que tous les sacrifices pèsent sur les travailleurs, montre la véritable nature de l’économie capitaliste : un système dont l’unique objectif est de faire de l’argent pour une poignée de parasites. C’est non seulement injuste et révoltant, mais cela nous condamne à la crise économique.

Tous les États se sont lancés dans des plans de relance. En France, Le Maire a mis 100 milliards à disposition du grand patronat. Et à quoi assiste-t-on ? À une envolée mondiale de la spéculation, parce que les capitalistes ont bien plus à gagner en plaçant leurs capitaux au casino de la finance que dans les investissements productifs.

Pour tout un chacun, la pandémie est synonyme de souffrance et de morts. Pour les capitalistes, elle signifie une nouvelle ruée vers l’or avec les fameuses Biotechs dont les actions s’arrachent en Bourse. Miser sur Moderna, dont la valeur boursière a bondi de 500 % en un an, sur BioNTech (+200 %) ou encore sur Novavax (+ 1400 %), c’est le jackpot assuré… jusqu’à ce que la bulle explose.

La même spéculation frénétique fait rage dans l’économie dite verte. Un seul exemple, l’entreprise Tesla, spécialiste de la voiture électrique, qui vend moins de 500 000 véhicules par an, vaut quatre fois plus en Bourse que Volkswagen et ses 9,3 millions de véhicules produits. Voilà où finissent les milliards d’argent public et la plus grande partie des profits sués par les travailleurs !

Oui, l’argent qui manque cruellement dans les hôpitaux et qui pourrait servir à embaucher et augmenter les salaires, dans le public comme dans le privé, sert à jouer toute l’économie à la roulette russe. L’irresponsabilité vis-à-vis de la société sera la règle tant qu’une minorité pourra accroître sa fortune en faisant tout et n’importe quoi. Aucun vaccin ne nous immunisera contre cette folie, elle ne s’arrêtera que lorsque le monde du travail aura la conscience nécessaire pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie.