Transport

Pour satisfaire aux demandes des grandes compagnies pétrolières, des fabricants automobiles et des concessionnaires d’autoroute, les gouvernements qui se sont succédés, de droite comme de gauche aujourd’hui, ont laissé tomber les transports en commun, à commencer par le train.

Des gares dites secondaires ont été fermées, obligeant les habitants à prendre leur voiture pour se rendre à leur travail, ce qui occasionne des frais et de la fatigue supplémentaires.

On a développé des réseaux autoroutiers, mais laissé aux collectivités locales le soin d’entretenir, à leurs frais, les routes départementales ou communales. L’entretien des transports publics urbains est négligé, ce qui augmente leurs dysfonctionnements.

Ce sont les grandes sociétés industrielles, commerciales et financières, c’est-à-dire une minorité de possédants, qui imposent leur mode de fonctionnement aberrant à l’ensemble de la société, au détriment du bien-être de la majorité de la population. Et tous les gouvernements qui se sont succédé, quelle qu’ait été leur étiquette politique, se sont pliés à leurs diktats.

Le manque de personnel et d’investissements dans l’entretien des voies et du matériel, et plus particulièrement sur les réseaux dits secondaires, pénalise les usagers qui, dans leur grande majorité, sont des travailleurs. Les retards accumulés leur causent des problèmes vis-à-vis de leurs employeurs, sans compter le stress et la fatigue supplémentaire. A cela s’ajoute le mépris de la direction de la SNCF, qui ne se donne souvent pas la peine de diffuser des informations, et encore moins de réparer les préjudices subis.

La SNCF devient de moins en moins un service public pour devenir un service commercial à la recherche de la rentabilité. Cette dégradation rejoint d’ailleurs celle des autres services publics indispensables, éducation, santé, logement social, etc., l’État faisant des économies sur tous ces secteurs pour distribuer des milliards aux banques ou aux grandes entreprises capitalistes sous prétexte de les « sauver » ou de les « aider à surmonter la crise ».

En Île de France - le trafic Transilien - a progressé de 30 % en dix ans. Mais, alors que le réseau est très dense et très fréquenté, il a été littéralement laissé à l’abandon pendant trois décennies. Les pannes fréquentes provoquent de nombreux retards. 

Les gouvernements ont tous poussé la SNCF à devenir rentable : en fermant des lignes secondaires, en donnant la priorité aux trains qui rapportent le plus. Aujourd’hui, avec l’extension de certaines lignes du réseau RER, les mêmes choix continuent. Des communes ne sont plus desservies et on refuse des arrêts dans des gares qui sont indispensables aux usagers.

Je suis persuadée que, pour mettre fin à ce gaspillage et pour obtenir que l’argent public aille aux services publics, il ne suffira d’un changement de gouvernement, mais il faudra une mobilisation profonde des travailleurs qui se battent pour défendre leurs intérêts. Et la qualité des transports publics à un prix abordable en fait partie.