Santé

Le système de santé est dans un état déplorable. L'accès aux soins est de plus en plus difficile pour une grande partie de la population, les classes populaires et les plus pauvres, tandis que les grands groupes industriels, en particulier pharmaceutiques et de la finance, regorgent d'argent. C'est sur leurs profits qu'il faut prendre pour assurer une médecine gratuite pour tous.

Pour se limiter aux vingt dernières années, on a connu les cinq années de gouvernement Jospin pour la gauche, suivies des dix ans de droite avec Chirac et Sarkozy, pour finir par les cinq années de Hollande. Ce furent vingt années d’attaques continues et sordides contre les hôpitaux publics, contre le droit à se faire soigner, avec le déremboursement de plus en plus massif des médicaments et des soins. Ce fut, parallèlement, l’enrichissement indécent des trusts pharmaceutiques, de ceux de l’immobilier et de tous ceux liés de près ou de loin à cette activité : des fabricants de matériel médical aux prestataires de services, entreprises de nettoyage et autres. Sans oublier les compagnies d’assurance privées et les banques, qui ont fait fructifier les intérêts des emprunts forcés des hôpitaux et de la Sécurité sociale.

Sous la conduite de Martine Aubry, le gouvernement Jospin, dont Mélenchon est si fier d’avoir été un sous-ministre, a aggravé la politique de fermeture partout dans le pays des maternités, des hôpitaux de proximité, des services d’urgence, etc. Elle a agi pour restreindre les budgets des hôpitaux publics, en élargissant le déremboursement des médicaments, pendant qu’elle offrait des baisses massives de cotisations aux employeurs. Ensuite, après qu’elle avait été préparée sous la gauche, c’est la droite qui a mis en place dans les hôpitaux publics la tarification à l’acte, appelée T2A. Ce système infernal a mis tous les hôpitaux en faillite virtuelle, ce qui ne veut rien dire mais a permis de justifier les baisses continues d’effectifs et de moyens. Puis les plans dits de retour à l’équilibre ont accéléré la grande misère des hôpitaux publics. De même les partenariats public-privé, commencés sous la gauche, ont organisé le pillage des hôpitaux publics, en particulier par les grands trusts du bâtiment. On a puisé dans l’argent des salariés, car le financement de la santé ne vient que de l’argent pris sur les salaires, les cotisations sociales n’étant que du salaire différé.

L’État quant à lui n’apporte à l’ensemble du ministère de la Santé qu’une participation symbolique, l’avant-dernière du budget. Le bilan est qu’il manque partout de médecins, d’infirmières, d’aides-soignantes, d’agents hospitaliers. Pour faire face à l’indispensable, les hôpitaux sont obligés de faire appel à l’intérim et à une pléthore de contrats aidés.

Oui, la santé est malade, à tous les niveaux, des politiques menées de la façon la plus sordide par les défenseurs de cette société, au nombre desquels les principaux candidats à la présidentielle.

La santé est un droit pour tous. L’accès aux soins ne doit pas être soumis aux lois du marché ni conditionné par les revenus. La collectivité devrait assurer la gratuité de tous les soins. Le fait que le capitalisme soit incapable de garantir ce droit élémentaire malgré le haut niveau atteint par le développement économique suffit à condamner ce système.

Réponses de Nathalie Arthaud à des courriers reçus pendant la campagne

Mettre la santé au cœur de la campagne électorale

Effectivement le système de santé est dans un état déplorable ; l'accès aux soins est de plus en plus difficile pour une grande partie de la population, les classes populaires et les plus pauvres.

Mais qu'entendez-vous par permettre à « la France d’opérer sa mutation en matière de santé » ?

La politique menée aussi bien par les gouvernements de gauche que de droite depuis des décennies est de faire de l’hôpital une entreprise comme les autres, qui se doit d’être rentable ou de disparaître, une entreprise qui n’est plus destinée à soigner, mais à faire des profits. Mesure après mesure, les unes insidieuses, les autres brutales, mais toutes dénoncées et combattues par les personnels, les hôpitaux et tout le système de santé rentrent, à marche forcée, dans l'économie de marché. 

Si c'est de cette « mutation » dont vous parlez, qui vise à privilégier les soins, non pas en fonction des besoins des patients, mais de leur rentabilité financière, je suis profondément  en désaccord.

Je pense au contraire, qu'il faudrait que tout soit totalement gratuit pour tous.  C’est le cas actuellement dans la prise en charge du cancer. Et cela permet d’aller jusqu’au bout des possibilités pour chaque patient même le plus démuni, mais aussi de faire progresser beaucoup plus rapidement la science dans ce domaine.

« Mettre la santé au cœur de la campagne électorale » n'est une garantie de rien. Car les candidats en lice ont, pour la plupart, déjà participé à des gouvernements qui ont mis en œuvre cette politique que je dénonce et ne s'en sont jamais démarqués. Promettre de s'occuper de la santé; ne leur coûtera pas cher tant ils sont prodigues de promesses pour récupérer des voix.

Et une fois au pouvoir, ils plieront devant les grands groupes pharmaceutiques et les banques comme ils l'ont toujours fait.

Vous dites que le système a besoin « d'ambition et de volonté, de cohérence,  et de libérer l'énergie créatrice de ses acteurs ». Vous semblez penser que la solution est d'avoir plus de qualités morales. Mais elles existent déjà chez les personnels, les médecins, les chercheurs... qui font preuve d'un dévouement extraordinaire et sont navrés de ne pouvoir jouer leur rôle pleinement.

Le problème est que leurs efforts se heurtent à la réalité de ce qu'est cette société : un système où ceux qui dirigent réellement sont les grands groupes capitalistes et où les gouvernements sont à leur service. Je pourrais citer la loi Bachelot qui a obligé les hôpitaux à emprunter, faisant ainsi entrer le capital financier dans les hôpitaux, la réforme de la tarification à l'acte qui amène à considérer un acte médical en fonction de ce qu'il rapporte, et les exemples sont nombreux...

Installer la santé au cœur des politiques publiques

L’accès à des soins de qualité pour les classes populaires n’est pour moi ni un « facteur de réussite », ni un élément de « cohésion nationale », mais un droit  élémentaire.

Par ailleurs, l’existence d’un Ministère de la Santé n’est aucunement une garantie de ce que la politique qu’il mène aille dans le sens des intérêts de la population. C’est dans une succession de tels ministères que s’est décidée la politique qui a consisté à multiplier depuis une vingtaine d’années les forfaits, franchises, déremboursements de médicaments et autorisations de dépassements d’honoraires, qui font que le coût de la santé pèse de plus en plus sur la population, et sur sa partie la plus pauvre en particulier, ce qui l’exclue de toute une partie des soins.

Ce sont ces mêmes ministères qui ont orchestré la mise en place de la T2A et l'endettement auprès des banques. C'est cette politique étatique qui a permis la mise en coupe réglée des hôpitaux par la finance.

Reconnaître la place des acteurs de santé

Reconnaître la place des acteurs de santé commencerait par créer les emplois qui manquent à tous les niveaux en particulier dans les hôpitaux, aux Urgences. Actuellement, ils croulent sous les heures supplémentaires non payées et non récupérées, et ne peuvent s'occuper des patients comme ils le souhaitent, faute de personnels en nombre suffisant.

Tant que cette situation perdure, parler de « démocratie sanitaire » est un vain mot. Les personnels ne cessent de dénoncer leur situation, comme dernièrement lors de la journée d'action des infirmières. Mais ils ne sont pas entendus car ce qui prime est la rentabilité et donc les économies.

Et changer de « gouvernance » comme vous dites, n'y changerait rien tant qu'on reste dans cette logique et dans le cadre de ce système.

Quant à considérer la santé comme un secteur « d'investissements », elle l'est déjà ! Ce n'est pas pour rien que des banques comme Dextre et des fonds d'investissements se sont précipités sur les hôpitaux, les cliniques privées, les maisons de retraite... au point que l'on parle même de « silver économie » tant c'est juteux pour leurs affaires. Si c'est dans ce sens que vous voulez aller, cela revient à réclamer une politique encore plus anti-collective, axée uniquement sur ce qui est rentable, et sur les seuls patients solvables.

Bien entendu, j'y suis opposée. La santé est un droit pour tous.

Mettre en place une politique fondée sur la santé publique

La prévention est effectivement une nécessité. Mais elle est de plus en plus réduite à la portion congrue. Ce n'est pas étonnant. Les gouvernements successifs ont fait le choix d'arroser les grandes entreprises :
40 milliards cette année, par exemple. Et dans leur programme, tous les candidats promettent de nouveaux cadeaux. Et où trouvent-ils l'argent sinon en supprimant tout ce qui est social, c'est-à-dire réellement utile à la population.

Une mesure simple serait de commencer par supprimer ces cadeaux à fonds perdus afin que l'argent public serve à l'ensemble de la population.

Impulser et accompagner la mutation du système

Certes, « une politique purement comptable ne saurait tenir lieu de politique de santé ».

C'est pourtant ce qui se fait depuis des décennies et va continuer puisque 1,5 milliards d’économies vont encore être exigées en 2017 des hôpitaux publics. Et cela alors qu'ils restent le lieu essentiel destiné à soigner la population actuellement.

Il n’est pas un département du pays qui ne connaisse des fermetures de services ou des réductions de personnel dans les hôpitaux. Cette dégradation des services de santé locaux est particulièrement dramatique quand il s'agit de services d'urgence ou de maternités.

Toutefois pendant qu’on mettait ces hôpitaux en demeure de devenir rentables et d’économiser sur tout, la modernisation a été faite à coups de dépenses somptuaires. Les hôpitaux flambant neufs construits dans les grands centres, loin de compenser ces fermetures, servent aujourd’hui à introduire la rentabilité dans l'hôpital. Bien des équipements sont inadaptés, le personnel manque et l'endettement vise à faire de ces hôpitaux des placements rentables pour la finance qui, à présent, dicte la politique de ces établissements en fonction de ses seuls profits (virage ambulatoire etc...). Et maintenant qu’ils sont dans la place, ce sont les financiers qui décident de tout.

La maîtrise des dépenses de santé est le leitmotiv qu'on nous sert en permanence. Or, de l'argent, il y en a. La France est un des pays les plus riches du monde. Mais les différents gouvernements siphonnent en permanence l'argent public destiné aux services utiles à la population comme la santé afin d'arroser le grand patronat, sous prétexte de lutter contre le chômage. D'où des économies sur tout, y compris sur ce qui est vital.

Les grands groupes industriels, en particulier pharmaceutiques et de la finance regorgent d'argent. C'est sur leurs profits qu'il faut prendre pour assurer une médecine gratuite pour tous. Il n'y a pas d'autre solution réaliste.

Garantir l’accès aux soins et aux innovations

« La principale menace qui pèse aujourd’hui sur notre système de santé réside dans le creusement des inégalités sociales et territoriales de santé ». En effet. C’est cette évolution qu’il faut combattre. Cela ne se fera ni dans un Ministère, ni par une « maîtrise des dépenses ». Cela se fera, et j’en ai la conviction profonde, en contestant par des luttes collectives la légitimité des financiers à faire passer, dans ce secteur de la Santé en particulier, mais aussi dans tous les autres, leurs intérêts financiers immédiats avant ceux de l’ensemble de la population laborieuse.

C’est pour affirmer cette perspective, pour revendiquer qu'en ce temps de crise, il est encore plus vital pour les classes populaires que l'argent public serve aux catégories les plus fragiles de la population et à créer les emplois indispensables au bon fonctionnement de la société.

C'est pour permettre que le camp des travailleurs fasse entendre ses intérêts, qui sont ceux de l’ensemble de la société, contre ceux de cette minorité de capitalistes, que je ferai campagne lors de cette élection présidentielle de 2017.

J’ai bien reçu votre message concernant le fléau que représente la maladie de Lyme, et il a retenu toute mon attention. Lorsque l’on sait les souffrances qu’endurent les patients - 27 000 officiellement mais sans doute beaucoup plus - et les conséquences sur leur vie sociale, je ne peux qu’être effarée devant la faiblesse de la mobilisation des gouvernements et des industriels de la pharmacie.

La presse a rapporté les propos du Pr Christian Perronne qui est aux côtés des malades depuis des années. Selon lui, on se dirige « seulement aujourd’hui »  vers la reconnaissance officielle de la maladie de Lyme chronique. Auparavant, les entrevues avec le ministère de la Santé aboutissaient toujours sur un déni complet de la pathologie. Et si Marisol Touraine s’est exprimée sur cette question, c’est uniquement en réaction à la colère des malades qui, comme vous, se heurtent à un mur.

Les mesures que vous proposez sont de simple bon sens : avoir demain des tests de diagnostic fiables ;  l’accès au statut de l'affection longue durée (ALD) pour que les traitements qui soient remboursés à 100 %.  Elles devraient être mises en place immédiatement.

Les politiques gouvernementales qui imposent depuis des décennies des contraintes lourdes sur les moyens mis dans la santé ont des conséquences générales sur l’ensemble des patients et des familles, quelles que soient les pathologies, mais sont encore plus graves lorsqu’on les mesure face à une maladie comme la maladie de Lyme.

En parallèle, le désintérêt de l’industrie pharmaceutique vis-à-vis de certaines pathologies est proprement insupportable. Ces énormes trusts engrangent chacun tous les ans des milliards de bénéfice qu’ils redistribuent sous forme de dividendes à leurs actionnaires. Ces milliards, ils les tirent de la poche des malades et des contribuables qui abondent les budgets de santé des États. Cela devrait leur donner une responsabilité sociale, celle de combattre tous les maux qui frappent l’humanité.

Eh bien non ! Seuls ceux qui peuvent leur rapporter financièrement comptent, les autres n’attirent pas leur attention, quel que soit le prix à payer en souffrances et en morts. La maladie de Lyme est pour eux un « marché » qu’ils considèrent comme non rentable. Eh bien je pense que les grands industriels de la pharmacie ne devraient pas avoir le pouvoir de choisir parmi les pathologies en fonction de critères qui n’ont rien à voir avec le bien commun.

Pour que le monde ne marche plus à l’envers, pour que les malades bénéficient de la recherche et des soins en fonction de leurs besoins et pas en fonction de leurs moyens financiers, il faudra obliger les grands industriels à respecter non plus les lois du marché mais celles de la collectivité.

Je ne serai évidemment pas élue lors de la prochaine élection présidentielle, et un engagement à faire valoir vos revendications si je l’étais ne serait pas crédible. En revanche, l’engagement que je prends et qui est parfaitement crédible, c’est celui de me battre à vos côtés pour que les droits de l’ensemble des patients comme vous, soient enfin respectés et que les mesures soient prises d’urgence.

Les services d’aide à la personne me semblent indispensables pour la qualité de vie qu’ils peuvent apporter aux personnes, que ce soit dans le domaine de la santé, du handicap, ou pour apporter une aide aux personnes âgées ou aux familles ayant des difficultés. Et cela plus encore en milieu rural, où ils permettent de combattre l’isolement.

Cela dit, une fois de plus, les familles les plus modestes sont les moins bien loties. Parmi les 10 % de ménages les plus aisés, un tiers recourt aux services à la personne, soit 11 fois plus que les plus modestes. De plus, les avantages fiscaux pour les personnes âgées prennent souvent la forme d’une réduction d’impôt. Les ménages les plus aisés y trouvent donc un meilleur avantage par rapport aux plus démunis qui sont non-imposables (source DARES).

Je pense que ces services à la personne devraient être un service public, au même titre que la santé, les transports ou l’éducation. Or, l’Etat se décharge de plus en plus de ses obligations dans ce domaine. Les subventions des mairies, du Conseil général et des caisses d'allocations familiales sont calculées au plus juste, voire réduites, du fait du désengagement de l'État, laissant les associations et les bénévoles en supporter la charge ou en offrant ce service qui devient du coup lucratif à des entreprises privées comme l'Adhap, qui emploie 5 000 salariés. À l’inverse, l’activité et l’emploi des associations et des organismes publics prestataires diminuent.

Les premières victimes de toutes ces restrictions, outre les particuliers qui ont besoin d’aide, sont les salariés de ce secteur, soit entre un et deux millions de personnes. Elles, car ce sont très majoritairement des femmes,  travaillent à temps partiel, avec de grandes amplitudes horaires dues au cumul de plusieurs emplois, des coûts de transport importants, en particulier dans les zones rurales.  Le personnel y est constamment en sous-effectif. Pourtant, il faut répondre à des besoins indispensables comme la toilette, les repas, les courses, le ménage, les gardes d'enfants, l'aide à la marche.

Les salaires annuels y sont faibles car le nombre d’heures est faible : 713 en moyenne sur l’année. Un salarié n’y gagne en moyenne que 8 400 euros annuels (analyse de l’Insee faite en 2015 en région Rhône Alpes). Et cela va s’aggraver car la course au profit dans le privé, les restrictions incessantes dans le public se font surtout sur le dos des salariés, par l’accroissement des rythmes de travail, la réduction des heures, donc des salaires pour un même travail.

C’est ce « marché », celui des travailleurs les plus pauvres, qui est visé par la recherche de profit privé. Ce profit, soi-disant privé n’est en réalité rendu possible que grâce à la prise en charge très importante des cotisations salariales et à la perception d’aides financières, fiscales ou allocataires par les personnes qui ont recours aux services, donc grâce à l’aide du secteur public, une fois de plus !

C’est pour dénoncer tout cela, c’est pour permettre aux électeurs des classes populaires d’exprimer leurs intérêts matériels et politiques que je me présente aux élections présidentielles de 2017. C’est aussi pour revendiquer qu’en ce temps de crise, il est encore plus vital pour les classes populaires que l’argent public serve à aider les catégories les plus fragiles de la population et à créer les emplois indispensables au bon fonctionnement de la société.

Madame, Messieurs,

Comme vous, je pense qu’il y a urgence de mettre en place les mesures nécessaires au bon fonctionnement des structures chargées de la santé mentale, comme il y a urgence à prendre des mesures pour toute la santé. Les économies que l’État oblige les services de santé à réaliser se traduisent par moins de personnel dans les hôpitaux. Le nombre de lits d’hospitalisation ne cesse de diminuer en psychiatrie.

Mes camarades de l’Ain m’ont rapporté que le nombre de lits du Centre psychothérapique de Bourg en Bresse a été divisé par deux en vingt ans, alors que la population du département a nettement augmenté. Le plus grand établissement du pays, à Clermont, dans l’Oise, est sous le coup d’un plan visant à faire passer le nombre de lits d’un millier à moins de 500. Moins de psychiatres, moins d’infirmiers et moins d’aides-soignants, c’est moins de contacts humains avec des patients qui en ont au moins autant besoin que des médicaments. Et quand les psychiatres manquent, cela aboutit à un enfermement abusif et inadapté aux patients.

L’étranglement financier de la santé publique est largement responsable de la régression de la psychiatrie hospitalière. Au point qu’enfermer les patients devient un moyen d’assurer la sécurité, tant les effectifs de soignants ont diminué. Par ailleurs, le manque de personnel ne permet plus d’organiser des activités, ni d’encadrer les patients lors de sorties. On les laisse ainsi végéter. Cette destruction des capacités aboutit au mieux à laisser les malades à la charge de leur famille, quand ils en ont. D’autres sont envoyés dans les établissements spécialisés en Belgique, loin de leurs proches. Et comme un rendez-vous pour une consultation prend des mois, bien d’autres ne sont simplement plus soignés, les plus malchanceux finissant à la rue ou en prison.

En dehors de l’hospitalisation, les personnes qui souffrent d’un trouble psychique doivent, comme vous le soulignez bénéficier de toutes les aides indispensables à leur insertion sociale, éducative et professionnelle. C’est la même chose pour le logement. Il faut un véritable service public d’accompagnement et d’aide à l’autonomie et que l’Etat arrête de se défausser en transférant les charges sur les collectivités territoriales ou sur les associations. Ce sont les autorités étatiques qui, en tarissant le financement des structures hospitalières, en se déchargeant de tout le secteur éducatif et social, désorganisent la psychiatrie publique et portent la responsabilité des abus constatés.

En utilisant l’argent actuellement versé à fonds perdus aux entreprises, il est urgent que l’État embauche massivement dans tous les services publics où le personnel manque cruellement, et notamment dans tout le secteur de la psychiatrie.

Je suis donc pleinement solidaire de votre appel qui, comme vous l’écrivez, est vital pour les 2 millions de personnes concernées et les 3 millions qui vivent à leurs côtés.

Recevez, Madame, messieurs, mes sincères salutations.

Nathalie Arthaud

Madame,
 
Je vous remercie de votre lettre.

Comme vous, il me semble, je suis partisane du progrès scientifique mais très inquiète de l’orientation donnée à celui-ci par la recherche continue du profit de quelques grands groupes capitalistes.

Cependant je ne partage pas votre point de vue sur la question de l’allaitement maternel. Il ne me paraît pas clairement établi que l’allaitement maternel soit supérieur à une utilisation appropriée d’un lait artificiel de qualité. Plusieurs de mes amies ont subis, lors de leur accouchement, de fortes pressions en faveur de l’allaitement maternel. Je trouve totalement anormal qu’on ait ainsi tenté de les culpabiliser. Je suis donc favorable aujourd’hui à laisser un libre choix aux femmes, accompagné d’une information claire sur les bonnes pratiques aussi bien en ce qui concerne l’allaitement maternel que l’allaitement artificiel sans chercher à influencer ce choix.

Dans les pays pauvres, la situation est différente. L’allaitement maternel est souvent une priorité pour des raisons sanitaires, manque d’eau potable, et financières car le lait artificiel n’est pas disponible et pas gratuit. La situation des mères séropositives est particulièrement choquante. Malgré le risque avéré de transmission du SIDA, l'allaitement maternel accompagné d'un traitement médical est peut être aujourd'hui la moins mauvaise solution tant est grand le risque d'un allaitement artificiel insuffisant ou de mauvaise qualité. Notre monde est bien souvent écœurant, c'est pourquoi je me bat pour le changer radicalement.

 Je ne peux donc souscrire que très partiellement aux engagements que vous me demandez de prendre.
1/ je suis favorable à donner aux hôpitaux tous les moyens nécessaires pour assurer une médecine gratuite pour tous. Je pense que les laits maternisés devraient également être gratuits ou remboursés car ce facteur financier influence fortement le choix des femmes. Je ne suis pas hostile au label « hôpital ami des bébés » dans la mesure où il ne s’accompagne pas  d’une défense dogmatique de l’allaitement maternel. Mais de façon plus générale, je ne crois pas aux « labels » pour assurer la qualité des soins. Celle-ci dépend avant tout des moyens humains et financiers. Je suis également partisane d’un contrôle par les travailleurs eux-mêmes qui sont les plus à mêmes d’évaluer et de défendre cette qualité.

2/ Je pense qu’il faut du personnel  pour soutenir les mères et leurs bébés quel que soit le choix du mode d’allaitement. Je suis favorable à des campagnes de communication,  y compris locale, dans ce sens.

3/ Sang contaminé, vioxx, médiator…  les scandales sanitaires  se sont multipliés ces dernières années.  L’industrie pharmaceutique est bien plus préoccupée par ses profits que par la santé publique. Je suis communiste et pense donc qu’il faudrait que la production soit organisée en fonction des besoins des gens. C’est particulièrement évident dans le domaine de la santé. Donc je suis loin de faire une confiance absolue aux laits maternisés actuels. Là encore je pense qu’il faut un contrôle de la population ainsi que des travailleurs du secteur qui peuvent surveiller leur qualité et choisir les meilleurs produits.

4/Je suis favorable à un allongement du congé maternité avec maintien intégral du salaire. Pour les mères qui souhaitent allaiter leur enfant, je suis favorable à développer les possibilités de le faire au travail et dans les lieux publics.

5/ Je suis favorable à investir dans la formation et à renforcer les moyens en matière de protection de promotion et de soutien de tout ce qui concerne la périnatalité. Trop de mères et d’enfants se retrouvent en détresse à cause du chômage, des bas revenus, des conditions de travail difficile, du sexisme dans la société… Je suis donc favorable à soutenir pleinement les femmes qui souhaitent allaiter leur enfant comme celle qui ne le souhaitent pas.

Cordialement,

Nathalie Arthaud

1 -Prévenir les risques et réduire les dommages liés aux conduites addictives : une priorité de santé publique

La prévention est le principal moyen de lutter contre les pratiques addictives et une société dans laquelle le bien-être de l’homme serait la priorité aurait à cœur de mettre en œuvre tous les moyens utiles à cette prévention. Aussi je salue votre combat pour que le nombre des hommes et des femmes, malheureusement affectés par les maladies de l’addiction, diminue.

C’est la prévention et pas la répression qui doit être le maître mot de la politique de santé à mener, c’est évident pour moi. Elle impose une mise de moyens importants qu’aucun gouvernement de ces décennies n’a accepté de dégager, comme aucun d’ailleurs n’a mis la santé en général, l’éducation ou la qualité de vie parmi ses actions prioritaires.

Les pratiques addictives sont une maladie, mais une maladie dont les déterminants sont sociaux bien avant d’être physiques. De la même manière que l’obésité est souvent liée à la présence de gènes prédisposants, mais que c’est la mal-bouffe qui en a fait aujourd’hui une terrible épidémie mondiale. La première prévention des maladies de l’addiction, la plus évidente, consistera à changer radicalement le cadre social dans lequel nous vivons.

Les jeux d’argent incontrôlés comme, souvent, l’alcoolisme et la toxicomanie se nourrissent de l’angoisse du lendemain qui taraude aujourd’hui la plus grande partie des travailleurs et de très nombreux jeunes. Une prévention radicale réside dans un changement profond de la société, qu’il faut remettre sur ses pieds, refaire fonctionner d’abord au service de l’humanité.

2. Organiser un débat public sur la légalisation du cannabis

Bien sûr je ne suis pas opposée à l'idée d'un débat sur cette question et je suis favorable à la dépénalisation du cannabis.

Mais le débat - légaliser ou pas le cannabis - est biaisé. Parce qu'on ne contrôle rien.

La prohibition du cannabis est bien sûr un échec total. Depuis vingt ans environ, il est d'un usage courant. Son interdiction ne l'a pas empêché de se répandre et sa consommation de se maintenir à un niveau élevé. 

Mais sa légalisation du cannabis serait-elle un progrès ? Il est bien difficile de le dire. Des médecins ou d'autres professionnels de ces questions devraient pouvoir y réfléchir, en ayant pour seul objectif de combattre les toxicomanies. Mais, vu les enjeux financiers dans ce secteur et les intérêts politiques que certains trouvent à agiter ces questions, on ne peut guère s'attendre à des conclusions sûres, un tant soit peu indépendantes.

Ce qu'amènerait la légalisation du cannabis serait bien sûr la fin de la répression et des condamnations des trafiquants. Cela laisserait le champ libre à la vente légale.  Et parmi ceux ceux qui souhaitent la légalisation du cannabis se trouvent ceux qui veulent en vendre légalement.

Quant à savoir si la fin de la prohibition serait un progrès contre l'addiction il suffit de voir que les deux drogues qui font le plus de dégâts en France sont le tabac et l'alcool, c'est-à-dire deux drogues tout à fait légalisées. Là aussi, on pourrait parler de situation d'échec.

La toxicomanie quelle qu'elle soit est un fléau pour les sociétés humaines. La recherche de paradis artificiels est une fuite devant une réalité souvent triste et décevante, qui tient de l'autodestruction. On ne peut donc que la combattre. Reste à savoir comment faire reculer les toxicomanies dans une société qui tend à les entretenir, à les développer et même à en engendrer de nouvelles.

3. Réduire la consommation d’alcool chez les jeunes

Je suis convaincue que la lutte contre les addictions, en particulier l’alcool, doit commencer dans le cadre scolaire et continuer dans le cadre de l’éducation sanitaire. Faut-il pour cela offrir à la vente des produits moins dosés ? Vous êtes les mieux placés pour en juger.

Ce dont je suis certaine par contre, c’est qu’il est indispensable d’empêcher toute publicité pour l’alcool et au contraire multiplier la publicité préventive.

Mais alors qu’avec une consommation moyenne de 11,1 litres par an, la France dépasse de 25 % celle des pays de l’OCDE et arrive en sixième position des consommateurs d’alcool, alors que l’alcool tue environ 60 000 personnes par an, de plus en plus jeunes, un amendement qui assouplit la loi Evin a été adopté fin 2015, amendement qui constitue un vrai recul dans la lutte contre l’alcoolisme, d’autant plus qu’il valorise aussi certains alcools forts. C’est déplorable !

4. Assurer l’information des consommateurs sur les boissons alcoolisées

Oui, l’information est indispensable. Mais la lutte contre le fléau de l’alcoolisme se heurte à des intérêts privés puissants qui savent trouver des relais parmi le personnel politique, y compris au plus haut niveau. Ainsi, le lobby viticole a remporté une victoire en 2015 grâce à la loi Macron. Comme je l’ai rappelé plus haut, celle-ci a modifié la loi Evin qui, qui limitait fortement la publicité pour l’alcool depuis près de 25 ans.

Cette influence occulte des lobbies du vin est révoltante et doit être dénoncée.Imposer un véritable contrôle par les salariés et par l’ensemble de la population, dans ce domaine comme dans bien d’autres, permettrait des progrès considérables. C’est pourquoi je m’attache à mettre en avant une telle mesure dans mes interventions dans cette campagne électorale.

5. Renforcer la prévention et l’éducation à la santé pour toutes et tous : à tous les âges, dans tous les contextes, sur tous les territoires

Comme vous l’écrivez, les dépenses de publicité pour les boissons alcoolisées sont 100 supérieures au budget alloué à la Santé publique en France pour une campagne médiatique par an sur le risque alcool.

J’ajoute que les moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le tabac sont bien en dessous de ce qu’ils devraient être face à un tel fléau. Ainsi, Marisol Touraine a certes réclamé la création d’un fonds de prévention du tabagisme, mais celui-ci serait doté de 32 millions d’euros. Une somme bien dérisoire à côté des 14 milliards d’euros que les taxes sur le tabac rapportent à l’État.

Une prévention digne de ce nom des risques liés au tabac et à l’alcool supposerait de contrôler l’utilisation de ces milliards de taxes publiques pour les mettre à la dispositions d’associations qui, comme la vôtre, luttent en permanence pour faire reculer ces fléaux.

Mais un tel contrôle sur l’argent public comme sur les milliards engrangés par ceux qui vivent de l’alcool et du tabac, ne se décrète pas. Il ne peut être imposé que par un rapport de force et surtout pas en faisant confiance à ceux qui gouverneront demain.

Chère Madame,

Je vous remercie du courrier que vous m’avez envoyé concernant le droit à l’euthanasie.

En ce qui me concerne, et je ne peux vous faire part que de mes sentiments personnels sur la question, je suis bien sûr, mais qui ne le serait pas, pour le droit de mourir dans la dignité. Et je pense que la loi Léonetti de 2005, en légalisant l’euthanasie passive, a marqué un certain progrès et levé une partie de l’hypocrisie qui régnait en la matière. La loi Claeys-Léonetti de 2016 me semble également aller dans ce sens en renforçant l’idée de directive anticipée et en autorisant clairement la sédation profonde.

Vous soulignez dans votre courrier que ce n’est pas suffisant et je partage votre point de vue. Je pense que c’est en grande partie parce que les moyens manquent pour l’hôpital, notamment que les personnels hospitaliers ne sont pas assez nombreux, débordés et souvent dans l’impossibilité de prendre le temps de soulager ne serait-ce que la douleur morale des mourants.

D’une manière générale ou plutôt abstraite je suis aussi pour qu’il soit permis à chacun de pouvoir s’appuyer sur « une aide active à mourir lorsqu’il juge que sa propre vie n’est plus que de la survie, douloureuse. » Mais nous ne vivons pas dans une société abstraite et l’organisation sociale actuelle, que je combats et dont je souhaite une transformation profonde, est trop dominée par l’argent, par la loi de la jungle, par l’égoïsme et le chacun pour soi, pour que je puisse penser qu’une loi légalisant l’euthanasie active et le suicide assisté pourrait résoudre le problème d’une manière totalement humaine et libérée de toute considération d’intérêt particulier.

Comme il est dit dans une de vos brochures « en 2011, on meurt toujours mal en France ». Oui ! Et j’ai envie d’ajouter parce qu’on y vit toujours mal. « Mourir dans la dignité » présuppose qu’on ait les moyens de cette dignité. Et quand on voit aujourd’hui la dégradation des hôpitaux publics, les services fermés, le manque de personnels et de moyens de toutes sortes, la dignité ne peut y être assurée pour tous. Certes la maladie est terrible pour tous, mais la dignité est bien plus accessible à ceux qui ont les moyens financiers d’accéder à un environnement et des soins de qualité. Pas plus que nous le sommes devant la maladie nous ne sommes égaux devant les conditions de la fin de vie.

Si donc je pense qu’une loi telle que vous la réclamez serait sans doute une avancée, je doute fort que celle ci puisse être mise en pratique si nous ne changeons pas fondamentalement cette société. Et c’est le sens de mon combat.

En vous souhaitant bon courage pour votre combat, je vous prie de recevoir mes meilleures salutations.

Nathalie ARTHAUD, le 4 mars 2017

J’ai bien reçu votre message concernant le fléau que représente la drépanocytose, et il a retenu toute mon attention. Les chiffres que vous donnez pour la France et les Antilles sont en eux-mêmes considérables, mais lorsque l’on prend la mesure mondiale des conséquences de cette pathologie, cela devient proprement effrayant. Lorsque l’on sait les souffrances qu’endurent les patients, et en premier lieu des enfants qui ont besoin d'hospitalisations fréquentes,  je ne peux qu’être effarée, et même scandalisée, devant la faiblesse de la mobilisation des gouvernements et des industriels de la pharmacie.

Les mesures que propose votre association sont de simple bon sens, et devraient être mises en place immédiatement. Tous les moyens existent pour une prise en charge convenable des patients et le soutien approprié des familles partout où la drépanocytose frappe en France et aux Antilles, et l’on pourrait par simple décret introduire le dépistage néonatal systématique et la formation obligatoire des médecins. Vous soulevez le problème des difficultés scolaires induites par les fréquentes hospitalisations et la fatigue, ces enfants devraient pouvoir bénéficier d'une aide à l'école avec des enseignants spécialisés.

Il est aujourd’hui évident que les quelques structures médico-socio-scientifiques pluridisciplinaires mises en place par le Pr Rosa dans les années 1980, même intégrées depuis 2005 dans le Plan national maladies rares comme centres de référence, et une journée nationale de la drépanocytose le 19 juin pour parler de cette maladie, sont bien loin de répondre aux besoins. Les politiques gouvernementales qui imposent depuis des décennies des contraintes lourdes sur les moyens mis dans la santé ont des conséquences générales sur l’ensemble des patients et des familles, quelles que soient les pathologies, mais sont encore plus graves lorsqu’on les mesure face à une maladie génétiques, rares comme la drépanocytose, et dans des régions comme les Antilles déjà largement sous-équipées sur le plan sanitaire et social.

En parallèle, le désintérêt de l’industrie pharmaceutique pour les pathologies du sud en général, la drépanocytose en particulier, est proprement insupportable. Ces énormes trusts engrangent chacun tous les ans des milliards de bénéfice qu’ils redistribuent sous forme de dividendes à leurs actionnaires. Ces milliards, ils les tirent de la poche des malades et des contribuables qui abondent les budgets de santé des États. Cela devrait leur donner une responsabilité sociale, celle de combattre tous les maux qui frappent l’humanité. Eh bien non ! Seuls ceux qui peuvent leur rapporter financièrement comptent, les autres n’attirent pas leur attention, quel que soit le prix à payer en souffrances et en morts. La drépanocytose n’est pas pour eux comme cela devrait l’être une grande cause mondiale, à laquelle ils ont le devoir d’apporter leurs compétences et leurs moyens, mais un « marché » qu’ils considèrent comme non rentable, parce qu’il s’agit d’abord d’une maladie « de pauvres », et ensuite – en dehors de quelques régions comme les Antilles gérées par des Etats riches – une maladie qui frappe des populations habitant des pays « insolvables ». Je trouve cela totalement scandaleux ! Les grands industriels de la pharmacie ne devraient pas avoir le pouvoir de choisir parmi les pathologies en fonction de critères qui n’ont rien à voir avec le bien commun.

Pour que le monde ne marche plus à l’envers, pour que les malades bénéficient de la recherche et des soins en fonction de leurs besoins et pas en fonction de leurs moyens financiers, il faudra obliger les grands industriels à respecter non plus les lois du marché mais celles de la collectivité. Le contrôle de la population sur le fonctionnement des grandes entreprises que je réclame servira notamment à cela : à mettre enfin au service de la population les énormes compétences et les considérables moyens de recherche et de production qui sont aujourd’hui confisqués par quelques grandes puissances financières et pour leur profit exclusif. Quel que soit celui qui sera élu lors de ces élections, on peut être sûr d’une chose : il ne mènera pas le combat nécessaire pour que la population prenne le contrôle des grandes sociétés industrielles pour les mettre au service des besoins de la population. Les gouvernements, de droite comme de gauche, sont soumis aux pressions des puissances financières et industrielles, et non l’inverse. On ne peut rien en attendre… sauf si  nous parvenons à exercer les contre-pressions suffisantes, à montrer de façon collective et déterminée que la population en a assez de souffrir pour qu’une poignée d’autres se gavent.

Je ne serai évidemment pas élue dans cette élection, et un engagement à faire valoir vos revendications si je l’étais ne serait pas crédible. En revanche, l’engagement que je prends et qui est parfaitement crédible, c’est celui de me battre à vos côtés pour que les droits de l’ensemble des patients que vous représentez, en France, aux Antilles et dans le monde, soient enfin respectés et que les investissements soient faits à la mesure du fléau que représente pour l’ensemble de l’humanité la drépanocytose.

Recevez, chère Madame, mes meilleures salutations.

Nathalie ARTHAUD, 26/02/2017

Site de Lutte ouvrière, brève du 09/02/2017

Obligatoire en France avant l'âge de 11 mois, la vaccination contre les trois maladies Diphtérie, Tétanos et Poliomyélite (DTP) ne peut plus se faire par l'administration d'un simple vaccin DTP depuis qu'il a cessé d'être commercialisé en 2008. Usant de tous les prétextes, les compagnies pharmaceutiques ne vendent plus depuis lors ce simple DTP à 7 euros mais une combinaison avec d'autres vaccins à... 40 euros.

Après une fin de non-recevoir du gouvernement il y a un an, les associations qui dénoncent cette vente forcée viennent d'obtenir gain de cause auprès du Conseil d'État.

Quant à mettre à l'amende les grands labos Sanofi ou GSK pour ce racket, ni le Conseil d'État ni le gouvernement ne l'envisagent...

Article de Lutte Ouvrière, 13 janvier 2016

Mardi 12 janvier, la ministre de la Santé Marisol Touraine annonçait « un plan d’action pour la rénovation de la politique vaccinale », avec pour ambition de « renforcer la confiance dans la vaccination ».

Il y a toujours eu une fraction de la population pour s’élever contre la vaccination au motif qu’elle serait dangereuse ou qu’elle porterait atteinte aux libertés individuelles, ou encore qu’elle s’opposerait à dame nature voire à dieu et à la providence. Ce courant continue d’exister, alimenté par tous ceux qui font l’éloge du « naturel », en oubliant que si l’espérance de vie à la naissance a pratiquement doublé au cours du siècle dernier, c’est en grande partie grâce à la vaccination, du moins dans les pays riches, là où les populations y ont eu accès. Mais si aujourd’hui en France, la défiance envers la vaccination grandit, c’est surtout du fait d’une défiance envers l’industrie pharmaceutique.

À l’heure actuelle, seules les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont obligatoires. Jusqu’en 2008, il existait un vaccin dit trivalent qui immunisait contre ces trois maladies, le DTPolio. Depuis il a été suspendu par l’Agence du médicament en raison d’une augmentation du nombre d’allergies qu’il entraînait. Les enfants sont désormais vaccinés avec des vaccins combinés : un vaccin tétravalent qui protège en plus contre la coqueluche, un pentavalent qui ajoute une protection contre des méningites et un hexavalent qui associe l’hépatite B. Depuis 2015, les deux premiers sont en rupture de stock et seul l’hexavalent est disponible… qui est aussi beaucoup plus cher. De quoi occulter la discussion sur l’utilité incontestable de la vaccination, pour la remplacer par celle sur la non moins incontestable soif de profit des laboratoires qui fabriquent les vaccins.

Il en va de même de la discussion sur la dangerosité des adjuvants, des sels d’aluminium entrant dans la fabrication des vaccins pour augmenter la force et la durée de la réponse immunitaire. Utilisés depuis bientôt 100 ans, ces sels d’aluminium se retrouvent dans 50 % des vaccins. Des organismes officiels de santé publique affirment que cet adjuvant ne pose pas de problème de sécurité, surtout si on le met en rapport avec les avantages qu’il procure. Mais le doute s’installe quand des spécialistes mettent en cause ces sels d’aluminium dans la survenue de maladies rares et surtout parce que la confiance dans les organismes de santé a été mise à mal ces derniers temps. De l’hormone de croissance au Médiator en passant par le traitement de la grippe H1N1, ce sont les scandales sanitaires, tous engendrés par la soif de rentabilité, qui ont largement entaché la confiance dans la vaccination.

On en arrive aujourd’hui à ce que certains proposent la suppression de l’obligation de vaccination, pour la remplacer par la responsabilité et la conscience de chacun de la nécessité de se faire vacciner. Voilà qui pourrait mettre en péril les progrès apportés par la vaccination qui, par définition, ne peut être efficace que si elle est générale et collective, parce que l’immunisation envers les bactéries n’est efficace que si elle concerne l’ensemble du groupe humain.

Pour restaurer la confiance envers la vaccination, Marisol Touraine propose une série de mesures. Certaines s’adressent à l’industrie pharmaceutique pour lui demander, entre autres, de constituer des stocks afin d’éviter les pénuries. Mais quand on voit que depuis 2008, l’État a été incapable de contraindre les industriels de la pharmacie à mettre sur le marché un nouveau vaccin DTPolio, on a une idée de l’inefficacité probable des mesures proposées.