Nos filiations

Affiche de la Troisième Internationale

Les militants de Lutte Ouvrière s’inscrivent dans une filiation politique, c’est-à-dire un ensemble d’idées et de traditions qui constituent le capital d’expérience du mouvement ouvrier. Depuis les plus anciennes sociétés de classe, la revendication d’une société communiste a toujours existé parmi les opprimés comme un objectif utopique donné à leur révolte contre leurs exploiteurs. Mais c’est le mouvement ouvrier qui a permis que cette revendication communiste puisse véritablement devenir un objectif de combat.

L’apport de Karl Marx et Friedrich Engels a été fondamental car, pour la première fois, ils ont donné une base scientifique à ce qui n’était jusque-là qu’une rêverie utopique. S’inscrivant dans la continuité des courants d’idées philosophiques et politiques les plus avancés de leur temps, ils ont démontré que la lutte des classes était le moteur de l’Histoire et que, face à la bourgeoisie devenue la classe dominante avec l’avènement du capitalisme, le prolétariat était devenu la seule classe révolutionnaire capable de poser les bases d’une nouvelle organisation économique et sociale, la société communiste.

Marx et Engels ont consacré toute leur vie militante à lutter pour l’indépendance politique de la classe ouvrière, condition indispensable pour qu’elle soit capable d’aller jusqu’au bout de son combat révolutionnaire en prenant le pouvoir. Ils ont été parmi les membres fondateurs et les principaux dirigeants de la première internationale ouvrière, l’Association internationale des travailleurs, qui avait pour devise : « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

Ces idées seront reprises par des millions de femmes et d’hommes au sein des partis socialistes de la IIème Internationale qui se sont développés à partir de la fin du 19ème siècle. Afin d’armer le prolétariat dans son combat, ces mouvements chercheront, dans tous les domaines de la vie politique et sociale, à opposer aux valeurs de la bourgeoisie celles du mouvement ouvrier. En particulier, au nationalisme des classes dominantes, ils opposeront l’internationalisme des travailleurs en reprenant le mot d’ordre du Manifeste communiste : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ».

Après la trahison de ces partis ralliés à leurs bourgeoisies nationales en août 1914 et devenus des défenseurs de l’ordre, le drapeau de la révolution sociale a été levé en octobre 1917 en Russie par les ouvriers et les paysans pauvres qui, sous la direction du parti bolchevik créé par Lénine, sont parvenus à prendre le pouvoir et fonder le premier État ouvrier. Dans le monde entier, ceux qui se réclamaient  de la révolution russe et du pouvoir des soviets se sont regroupés dans l’Internationale communiste qui avait pour ambition de bâtir un véritable parti mondial de la révolution.

Nous nous revendiquons toujours de cette révolution ouvrière malgré la dégénérescence bureaucratique de l’État auquel elle a donné naissance. Nous nous réclamons des militants qui, tout d’abord en Russie puis dans le reste du monde, ont combattu cette évolution autour de Trotsky. Mais, au prix d’une sanglante répression, en exterminant une génération entière de révolutionnaires en Russie, le stalinisme est malheureusement parvenu à couper quasiment complètement les révolutionnaires du mouvement ouvrier. Le prolétariat paye encore aujourd’hui ce rôle particulièrement néfaste des partis staliniens qui ont complètement dénaturé son programme et toutes ses valeurs, substituant aux idées communistes une sinistre caricature.

L’objectif des militants de Lutte Ouvrière est de redonner vie au courant communiste révolutionnaire au sein du prolétariat en gagnant à cette cause tous ceux qui ont à cœur de lutter pour transformer la société. Reconstruire de véritables partis communistes est indispensable aujourd’hui pour permettre aux travailleurs de  mener jusqu’au bout leur combat émancipateur, se libérant eux-mêmes et libérant du même coup toute la société de la barbarie capitaliste.