Interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous

Il faut en premier lieu stopper l’hémorragie d’emplois en interdisant les licenciements et les suppressions d’emplois, en commençant par les entreprises qui font des bénéfices.

Le chômage est une catastrophe sociale, qui touche déjà six millions de personnes dans le pays et qui menace tous les travailleurs. Ce chômage de masse entraîne vers la misère, exclut et marginalise une partie des familles populaires. Il pèse sur l’ensemble de la société, pousse à l’individualisme en mettant les travailleurs en concurrence entre eux. La pression du chômage entraîne aussi la multiplication de formes d’emploi de plus en plus précaires, de l’intérim généralisé aux travailleurs indépendants ou autoentrepreneurs condamnés à des paies de misère sans même les quelques garanties attachées au salaire.

Le chômage n’a rien d’inévitable. Ce n’est pas le travail qui manque. Le chômage résulte de la guerre que livre le patronat pour maintenir et augmenter ses profits. Le trust pharmaceutique Sanofi vient de distribuer 6,6 milliards d’euros à ses actionnaires, après avoir supprimé 4 000 emplois en sept ans, et il annonce la suppression de 650 emplois de plus  Il faut retirer leur pouvoir de nuisance à ces grands groupes, en les contraignant à ne supprimer aucun emploi, sous peine de réquisition s’ils ne s’y plient pas.

Parallèlement, il faut aussi créer des millions d’emplois pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail et pour tous ceux qui n’ont droit qu’à quelques heures de boulot ici et là. C’est possible immédiatement, en imposant que le travail soit réparti entre tous. Ce serait une mesure salutaire pour l’ensemble du monde du travail.

En utilisant l’argent actuellement versé à fonds perdus aux entreprises, l’État devrait embaucher massivement dans tous les services publics où le personnel manque cruellement, dans les hôpitaux, dans l’éducation, les transports… Il manque des millions de logements dans ce pays. L’État devrait les construire en embauchant lui-même le personnel nécessaire, sans passer par les capitalistes du bâtiment. Il devrait ainsi les louer à prix coûtant et garantir des loyers accessibles aux classes populaires.

Dans toute la société, il y a un grand nombre de besoins à satisfaire et donc autant d’emplois à créer. Faire disparaître le chômage, c’est possible et nécessaire 

Quand Nathalie Arthaud défend des mesures vitales pour les travailleurs, interdire les licenciements ou augmenter les salaires, les journalistes lui objectent la situation des petites entreprises qu’elle « pousserait vers la faillite ». Le fait que des millions de travailleurs privés d’emploi, ou qui survivent avec des salaires ou des retraites de misère, soient en faillite chaque mois, ne les émeut pas. Pour eux, il est dans l’ordre des choses que les classes populaires fassent tous les sacrifices et soient servies en dernier. L’argument des petites entreprises est fallacieux. S’il y a 3,5 millions d’entreprises en France, 95 % d’entre elles ont moins de 10 salariés. À l’inverse, moins de 5 000 entreprises emploient la moitié des salariés du privé de ce pays. Et, parmi elles, 243 grandes entreprises emploient le tiers des salariés. Celles-ci dominent l’économie, les autres n’étant que leurs sous-traitants, fournisseurs et prestataires. Ces entreprises, LVMH, L’Oréal, PSA, Bonduelle, etc. appartiennent à des familles richissimes, comme Arnault, Bettencourt, Peugeot, qui ont accumulé, année après année, des fortunes invraisemblables, fruit de la sueur et de la compétence des travailleurs. Selon une récente enquête du Monde, 143 familles bourgeoises françaises contrôlent 22 % de la Bourse de Paris, avec un capital cumulé de 445 milliards d’euros. Il faut commencer par le haut ! En piochant dans ces fortunes, on pourra embaucher des millions de travailleurs, augmenter les salaires, les pensions, financer les écoles ou les hôpitaux. En contrôlant les comptes de toutes les entreprises, on vérifiera laquelle est réellement indépendante et laquelle est une filiale d’une plus grosse. Si une PME a une trésorerie si maigre qu’elle ne peut augmenter les salaires, il faut imposer que sa maison mère, son donneur d’ordres ou sa banque soient mis à contribution à sa place. C’est en faisant payer l’ensemble de la classe capitaliste qu’on évitera à celle des travailleurs de plonger dans la misère.