Handicap - perte d'autonomie

Je me bats pour une société organisée pour le bien-être de ses membres et non pour le profit, une société qui mette les richesses en commun afin que chacun puisse subvenir à ses besoins, se déplacer et communiquer, et être en situation d’avoir une vie sociale, affective et intellectuelle la plus riche possible quelles que soient ses capacités, ou ses handicaps.

C’est loin d’être le cas aujourd’hui car au lieu d’accroître les aides qui permettraient d’aider ceux qui souffrent d’un handicap, l’État diminue de plus en plus les fonds publics et en particulier ceux consacrés à la santé.

Mises souvent au ban de la société car jugées « pas assez productives », pas assez rentables aux yeux d’une économie dirigée par un patronat qui court après les profits, les personnes handicapées subissent une double peine : le handicap physique et le handicap social. Pourtant il est possible, à condition de l’imposer au patronat, que tous les travailleurs, y compris les travailleurs handicapés, aient un travail.

Quand je revendique 1 800 euros net au minimum cela s’adresse aussi bien évidemment aux travailleurs handicapés. Dans les Etablissements d’aide par le travail (ESAT), les salaires sont insuffisants. Quant à l’AAH (allocation adulte handicapé) qui se monte à 808 €, elle n’est toujours pas revalorisée alors qu'elle se trouve 200 € en dessous du seuil de pauvreté ! Elle doit être considérée comme un salaire et portée à 1800 € !

L’éducation des enfants handicapés : un parcours d’obstacle pour les parents

Combien de combats doivent mener les parents pour que leur enfant, bien qu’atteint d’un handicap, trouve un lieu où il puisse recevoir une éducation, où il puisse apprendre, progresser, se développer au maximum de ses capacités ? Sous la pression des associations, une loi a inscrit en 2005 l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées (loi de 2005).

Il y a désormais des droits mais on peine à les appliquer, tellement les moyens que l’Education Nationale met en place sont insuffisants. La création des ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) se fait avec les moyens du bord : quelques heures pour des enseignants, et jamais assez d’heures d’AVS (aide à la vie scolaire).

En ne donnant pas les moyens de sa loi, le gouvernement aggrave les conditions de travail des enseignants sans offrir la véritable place qu’il faudrait pour les enfants handicapés.

L'État français a été condamné à une amende de 240 000 euros de dommages et intérêts à sept familles pour « défaut de prise en charge adaptée » de leurs enfants autistes, notamment l'absence de scolarisation. Mais l'État, comme bien des patrons, préfère payer quand il est condamné, plutôt que de mettre un terme à cette situation choquante.

Quant aux instituts spécialisés qui scolarisent eux aussi des élèves handicapés, leurs moyens, leurs budgets sont revus à la baisse, comme tous les budgets des services publics utiles aux populations.

Par ailleurs, le statut des travailleurs qui encadrent ces enfants souffrant d’un handicap est scandaleux. Chaque enfant devrait être accompagné par un professionnel à temps plein, payé, comme tous les travailleurs, au moins 1800 euros nets. Au lieu de cela, la plupart du temps, ces travailleurs sont en CUI ou en CAE pendant quelques mois. Au mieux, ils arrivent à décrocher un CDD de quelques années. Mais ils ne font jamais plus de 20h et sont payés moins de 700 euros. Comment vivre dans ces conditions ?

Accessibilité des lieux publics, des transports, des équipements, des logements, des centres de santé…

Des millions de personnes ne peuvent accéder facilement et en toute autonomie à des lieux publics, des établissements scolaires, des locaux de travail, des commerces, des cabinets médicaux, des équipements culturels… du fait de leur conception architecturale.

La mise en conformité des bâtiments publics devait être effective d’ici à 2015. Puis, encore une fois, les moyens d’application de cette loi n’ont pas été donnés ce qui la rendue en bonne partie inefficiente.

Ministres et présidents font semblant de se soucier de la situation des personnes handicapées, mais ils n'ont jamais voulu prendre des mesures réellement contraignantes, ni même mettre les moyens Pourtant, obliger des grands groupes comme Carrefour ou Auchan à financer des travaux d'aménagement pour tous les commerces serait la moindre des choses. Ces groupes ont largement de quoi financer cela, et rapidement. Il faudrait aussi imposer aux bétonneurs comme Bouygues de réaliser ces travaux à prix coûtant partout où cela est nécessaire. Enfin, l'État pourrait embaucher des travailleurs pour réaliser ces aménagements dans les bâtiments publics.

Ce serait une utilisation de l'argent de l'État bien plus utile et bien plus rationnelle que tous ces cadeaux fiscaux donnés généreusement aux mêmes grands groupes de la distribution et du bâtiment.

Faire respecter la loi sur l’embauche de travailleurs qui souffrent d’un handicap

La loi oblige théoriquement les employeurs de plus de 20 salariés à occuper  6 % de personnes souffrant d’un handicap. Cette loi n’est absolument pas appliquée. Les dernières statistiques publiées, celles de 2014 pour le privé, indiquent que seulement 3,6 % de salariés handicapés y sont occupés car bon nombre d’employeurs préfèrent payer des pénalités que de respecter la règlementation. Quant au secteur public, si la situation s’est améliorée en 2015 dans la fonction publique territoriale (6,22 % d’emplois pour personnes handicapées), elle n’est que de 4,18 % dans la fonction publique de l’Etat.

Ce dernier, non content de diminuer les fonds publics et en particulier les aides à la santé, ne respecte même pas les lois qu’il est censé faire appliquer.  Il faut mettre en place de véritables moyens de contrainte sur le plan pénal pour astreindre  les employeurs à cette obligation.

Rembourser intégralement les dépenses liées au handicap ou à la perte d’autonomie

Tous les besoins nécessaires à la compensation de la perte d’autonomie – qu’elle soit liée à un handicap ou au vieillissement – devraient être pris en charge par la collectivité. De la même façon qu’elle prend bien en charge aujourd’hui les actes qui permettent à l’organisme humain de mieux fonctionner - prothèses, transplantations d’organes, lourdes chirurgies réparatrices… - la collectivité devrait aussi prendre en charge toutes les aides externes qui sont indispensables aux être humains pour continuer de vivre dignement : que ces aides soient matérielles (fauteuils, appareils, installations ergonomiques…) ou humaines.

Ce qu’il faut c’est un véritable service public d’accompagnement et d’aide à l’autonomie et que l’Etat arrête de se défausser des intérêts de la collectivité.

Combien de services d’aide à l’accompagnement auraient pu être ouverts et fonctionner dans le seul dernier quinquennat avec les 40 milliards donnés au titre de « l’aide aux entreprises » (en réalité d'aide... à leurs profits) ?

 

1. Financement de l’aide à l’autonomie (personnes âgées /personnes en situation de handicap) Le financement de la perte d’autonomie des personnes âgées et des personnes en situation de handicap est un enjeu majeur des années à venir. C’est aussi une question de société : chacun doit pouvoir rester maître de son projet de vie et continuer à vivre le plus longtemps possible à son domicile si tel est son choix. Or, les structures gestionnaires de services d’aide et d’accompagnement à domicile sont confrontées à des difficultés financières très importantes liées à l’insuffisance de la prise en charge de la dépendance. Qui, demain, portera le financement de la perte d’autonomie ? Et quels moyens comptez-vous y allouer ? Comment comptez‐vous assurer l’égalité de traitement sur tous les territoires et garantir l’universalité de l’accès à l’aide à la perte d’autonomie ?

Je pense que tous les besoins nécessaires à la compensation de la perte d’autonomie – qu’elle soit liée à un handicap ou au vieillissement – devraient être pris en charge par la collectivité. De la même façon qu’elle prend bien en charge aujourd’hui les actes qui permettent à l’organisme humain de mieux fonctionner - prothèses, transplantations d’organes, lourdes chirurgies réparatrices… - la collectivité devrait aussi prendre en charge toutes les aides externes qui sont indispensables aux être humains pour continuer de vivre dignement : que ces aides soient matérielles (fauteuils, appareils, installations ergonomiques…) ou humaines. Par ailleurs, l'allocation adulte handicapé AAH (808€) n’est toujours pas revalorisée alors qu'elle est 200 € en dessous du seuil de pauvreté, c’est inadmissible ! Ce qu’il faut c’est un véritable service public d’accompagnement et d’aide à l’autonomie et que l’Etat arrête de se défausser en transférant les charges sur les collectivités territoriales ou sur les associations. Pourtant cet Etat trouve de l’argent pour « l'aide aux entreprises » (en tout cas d'aide... à leurs profits) sans aucun avantage sérieux pour l'emploi, pourtant infiniment prioritaire. Combien de services d’aide à l’accompagnement auraient pu être ouverts et fonctionner avec les 40 milliards donnés à ce titre dans le seul dernier quinquennat ?

2. Politique familiale. La famille, dans notre société en constante évolution, est soumise à des contraintes fortes et se trouve de plus en plus souvent en difficulté : les deux tiers des Français estiment qu’il est plus difficile de s’occuper de sa famille aujourd’hui qu’il y a 30 ans, selon le sondage ADMR ‐ Kantar/Sofres réalisé l’été dernier. Quelles mesures préconisez‐vous ? Quelle place les services d’aide à domicile aux familles et les établissements d’accueil des jeunes enfants prendront‐ils dans votre politique familiale ?

Ces prises en charge nécessitent des moyens budgétaires : en personnel qualifié, en aides financières aux familles. Cela veut dire qu’il faut arrêter les coupes incessantes sur les budgets qui touchent les secteurs sociaux. Comme pour la dépendance, il faut un véritable service public de l’enfance. C’est loin d’être le cas, en effet :

• Au niveau de la maternité, on a assisté à des fermetures d’Établissements, de services dans les hôpitaux, ce qui amène les femmes à se déplacer de plus en plus loin pour un accouchement. Par ailleurs, depuis 2014 la durée du séjour en maternité après l’accouchement a été réduite pour des raisons d’économie.

• Les conditions d’accueil des jeunes enfants se dégradent. En 2015 il y avait 429 100 places en crèche dans le pays, soit à peine 25 400 de plus qu'en 2013 alors que le gouvernement s’était engagé à en créer 100 000.

• La diminution du budget de l’Aide Sociale à l’Enfance, la non-compensation par l’État des budgets dus aux collectivités locales, se répercute sur les jeunes qui en bénéficient, dont près de la moitié sont des enfants et adolescents placés hors de leur milieu familial. Ainsi, dans le Nord de la France, les associations de protection de l’enfance voient leurs dotations diminuer de 15 % en trois ans. Pour ces structures chargées de gérer le dossier de 20 000 mineurs sur l’ensemble du territoire, la conséquence est dramatique : 700 places en foyer vont être supprimées d’ici à fin 2018 sur les 5000 existantes.

• La situation du logement des familles est aussi dramatique. La loi Dalo de 2007 est censée être appliquée. Pourtant, des milliers de familles prioritaires attendent toujours d’être relogées.

• La loi de 2005 fait obligation aux écoles d'inscrire les enfants handicapés. Pourtant, 20 000 d’entre eux ne sont pas scolarisés. En effet, faute de moyens de transport, de bâtiments accessibles et du manque d'auxiliaires de vie scolaire ils ne peuvent pas être accueillis.

• Le Planning familial, organisation qui depuis plus de cinquante ans s'occupe d'information et de consultation en matière de sexualité, de contraception et de famille, voit sa subvention réduite dans de nombreux départements.

• Les allocations familiales des familles les plus aisées - 455 000 allocataires - ont été réduites. Il est sûr que des salariés gagnant de 6000 à 9000 euros par mois n'attendent pas après les sommes versés par la CAF pour boucler leurs fins de mois. Mais l'argent pris à ceux qui gagnent mieux leur vie n'augmentera pas pour autant les allocations des plus démunis, mais servira à alimenter le gouffre sans fond des aides versées au patronat. Il faut avoir un certain culot pour parler dans ce cas de « justice sociale », quand on prend à des salariés, même s'ils ont un revenu correct, pour donner aux possédants !

3. Santé La santé à domicile est un enjeu important pour notre société. L’ADMR, avec son réseau de près de 300 Services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et de 60 Centres de santé infirmiers (CSI) est un acteur majeur du secteur et participe pleinement, avec cette activité, au maintien à domicile et s’inscrit dans la lutte contre la désertification médicale. « Dans votre politique santé, quels moyens seront réservés aux SSIAD et aux CSI, acteurs indispensables de la santé de proximité ? »

Les services d’aide à la personne me semblent indispensables pour la qualité de vie qu’ils peuvent apporter aux personnes, que ce soit dans le domaine de la santé, du handicap, ou pour apporter une aide aux personnes âgées ou aux familles ayant des difficultés. Et cela plus encore en milieu rural, où ils permettent de combattre l’isolement.

Cela dit, une fois de plus, les familles les plus modestes sont les moins bien loties. Parmi les 10 % de ménages les plus aisés, un tiers recourt aux services à la personne, soit 11 fois plus que les plus modestes. De plus, les avantages fiscaux pour les personnes âgées prennent souvent la forme d’une réduction d’impôt. Les ménages les plus aisés y trouvent donc un meilleur avantage par rapport aux plus démunis qui sont non-imposables (source DARES).

Je pense que ces services à la personne devraient être un service public, au même titre que la santé, les transports ou l’éducation. Or, l’Etat se décharge de plus en plus de ses obligations dans ce domaine. Les subventions des mairies, du Conseil général et des caisses d'allocations familiales sont calculées au plus juste, voire réduites, du fait du désengagement de l'État, laissant les associations et les bénévoles en supporter la charge ou en offrant ce service qui devient du coup lucratif à des entreprises privées.

Comme l’écrivait le journal Les Echos du 8 décembre 2015, « Les perspectives de concentration sur un marché aussi porteur aiguisent donc les appétits de nombreux acteurs : leaders historiques de la prestation de santé à domicile, assureurs, distributeurs pharmaceutiques et fonds d’investissements. Les grandes manœuvres ne font que commencer... » !

J’ajoute que ce profit, soi-disant privé, n’est en réalité rendu possible que grâce à la prise en charge très importante des cotisations salariales et à la perception d’aides financières, fiscales ou allocataires par les personnes qui ont recours aux services, donc grâce à l’aide du secteur public, une fois de plus !

À l’inverse, l’activité et l’emploi des associations et des organismes publics prestataires diminuent. Selon la CGT (conférence de presse du 31/1/17) de nombreuses associations d’aide à domicile mettent la clé sous la porte, les fusions d’associations les transforment en véritables entreprises. 107 associations dédiées à l’aide à domicile ont fermé ces deux dernières années.

L’urgence est donc que l’Etat réponde en urgence aux besoins des associations et non au privé et verse les budgets indispensables pour le fonctionnement des structures qu’elles soient médicale ou d’assistance à la vie quotidienne.

4. Économie sociale et solidaire et bénévolat. La vie associative en France représente l’engagement de la société civile, véhicule des valeurs fondamentales de notre société et est intimement liée à l’aménagement du territoire. 1er réseau associatif français de proximité, l’ADMR, forte de ses 102 500 bénévoles sur l’ensemble du territoire, y contribue fortement depuis plus de 70 ans. Quels sont vos projets pour soutenir les acteurs de l’économie sociale et solidaire qui créent et développent le lien social ? Comment comptez‐vous assurer la reconnaissance et le soutien au bénévolat ?

Tout un pan de l’aide sociale repose sur des dizaines de milliers de bénévoles. De même que tout un pan des fonds d’aide aux démunis repose sur la charité publique. Car l’Etat, une fois de plus, se défausse.

L’approfondissement de la crise économique et de la misère sociale poussent chaque jour des milliers de travailleurs vers la misère sociale. Il faut des mesures d’urgence pour y faire face et toute la générosité des bénévoles n’y suffira pas. Outre des mesures radicales pour interdire les licenciements, augmenter les salaires, retraites et revenus de remplacement en fonction des hausses de prix, il faut que l’Etat s’occupe du service de la collectivité et pour cela débloque les moyens financiers qui sont indispensables.

5. Revalorisation des métiers. Nos structures font depuis longtemps le constat que le secteur des services à la personne et de l’aide à domicile est peu attractif et rencontrent de grande difficultés à recruter des personnels compétents et motivés. Comment professionnaliser dans ces conditions ? Quelles mesures préconisez-vous pour les rémunérations et la reconnaissance de nos métiers ?

Je suis étonnée que vous puissiez émettre des doutes en formulant votre question sur la « compétence et la motivation » des salariés. Ce qu’il faut « revaloriser » ce sont les conditions de travail et de salaires de ce secteur.

En effet, les premières victimes des restrictions budgétaires dans le domaine de l’aide à domicile, outre les particuliers qui ont besoin d’aide, sont les travailleurs sur qui tout repose. Elles, car ce sont très majoritairement des femmes, travaillent à temps partiel, avec de grandes amplitudes horaires dues au cumul de plusieurs emplois, des coûts de transport importants, en particulier dans les zones rurales. Le personnel y est constamment en sous-effectif. Pourtant, il faut répondre à des besoins indispensables comme la toilette, les repas, les courses, le ménage, les gardes d'enfants, l'aide à la marche.

Les salaires annuels y sont faibles car le nombre d’heures est faible : 713 en moyenne sur l’année. Un salarié n’y gagne en moyenne que 8 400 euros annuels (analyse de l’Insee faite en 2015 en région Rhône Alpes). Et cela va s’aggraver car la course au profit dans le privé, les restrictions incessantes dans le public se font surtout sur le dos des salariés, par l’accroissement des rythmes de travail, la réduction des heures, donc des salaires pour un même travail.

Les aides à domicile ont manifesté ces derniers mois dans plusieurs villes du pays pour protester contre les réductions budgétaires. En Corrèze par exemple, pour bénéficier des soins et de l'aide à domicile, les personnes âgées doivent désormais débourser 5€ en plus de l'heure. Ainsi, un couple disposant de 1400€ de revenus au total se voit contraint de payer 250€ par mois pour 32h au lieu de 54€ pour 55h ! La conséquence, c'est que beaucoup de vieux travailleurs, faute de moyens, doivent se passer d'une partie de l'aide dont ils auraient pourtant besoin et que, du coup, des emplois d'aides à domicile vont disparaître !

Les salaires et les primes, les indemnités kilométriques des personnels soignants, dont celles des infirmiers libéraux sont remis en cause dans de nombreuses régions. Les remises en cause visent aussi les temps de déplacement, les indemnités des dimanches et fériés, le montant des astreintes, les 3 jours de congés pénibilité. Tout cela s’ajoute aux conditions de travail qui se dégradent, des salaires au SMIC, et les temps partiels.

Lors d’une conférence de presse du 31 janvier 2017, la CGT de ce secteur vient de lancer un cri d’alarme « L’amplitude horaire est de 10 à 12 heures par jour, 79 % des salariés sont à temps partiel, généralement imposé…le salaire brut moyen est de 972€… 44 % des salariées travaillent le dimanche et les jours fériés, 2% travaillent de nuit, dont 22 % en travail itinérant ». Ce constat suffit à lui-même pour monter quelle « motivation » et quelle « compétence » sont nécessaires pour travailler dans l’aide à domicile. Et je salue toutes celles et ceux qui y passent leurs journées, week-end compris.

C’est pour faire entendre le camp des travailleurs dont font partie tous ceux du secteur l’aide à la personne et de l’aide à domicile que je me présente. Il faut en finir avec les baisses d’effectifs et le blocage des salaires. Les 300 euros d’augmentation revendiqués par la CGT sont un minimum au moins pour rattraper le retard pris au fil des ans. Pour que chacun vive dignement, aucun salaire ne doit être inférieur à 1 800 euros net.

6. Fiscalité. L’ADMR milite pour la stabilité et l’équité fiscales. Pour nos clients, la stabilité des avantages fiscaux (crédit d’impôts et charges sociales) est nécessaire pour maîtriser le reste à charge et planifier dans la durée les prestations dont ils ont besoin. Pour une concurrence saine, il est indispensable d’assurer l’équité fiscale entre tous les opérateurs, quel que soit leur statut juridique. Quelle est votre politique en matière de fiscalité pour le secteur des services à la personne ?

Etant candidate pour faire entendre le camp des travailleurs ce sont les impôts de ces travailleurs qui me préoccupent. Les classes populaires paient la part la plus écrasante de l’impôt. L’impôt sur les sociétés, payé par les capitalistes, ne représentait pas plus de 15 % du total des impôts perçus par l’État en 2015, contre 20 % pour l’impôt sur le revenu et surtout 50 % pour la TVA.

Les avantages fiscaux dont vous parlez touchent, comme d’habitude ce qu’il est devenu commun d’appeler « les charges sociales » mais qui sont en réalité un part du salaire mise de côté, différée, pour permettre une protection sanitaire et sociale de la population. Toute réduction de ces cotisations amène à des coupes claires dans le domaine de la santé. J’y suis donc opposée. S’il faut aider les associations d’aide à la personne, c’est en faisant en sorte que l’Etat consacre les budgets nécessaires à leur fonctionnement.

Pour conclure

Le rôle joué par toutes les structures d’aide aux particuliers en difficultés est primordial car ces structures pallient une carence scandaleuse de l’Etat. Mais cette place ne doit pas être livrée aux intérêts des groupes privés. Ceux-ci se développent car l’Etat en se défaussant laisse le champ libre, ce que je dénonce fermement. Combattre cette évolution, j’en ai la conviction profonde, ne pourra se faire qu’en contestant par des luttes collectives la légitimité des financiers à faire passer, dans ce secteur en particulier, mais aussi dans tous les autres, leurs intérêts financiers immédiats avant ceux de l’ensemble de la population laborieuse. C’est pour affirmer cette perspective, pour revendiquer qu'en ce temps de crise, il est encore plus vital pour les classes populaires que l'argent public serve aux catégories les plus fragiles de la population et à créer les emplois indispensables au bon fonctionnement de la société, pour faire entendre le camp des travailleurs sans qui rien ne fonctionnerai, que je présente ma candidature à l’élection Présidentielle de 2017.