Europe

Les frontières des États européens sont dépassées depuis bien longtemps par l’ampleur mondiale des échanges économiques. Une Europe réellement unie serait un progrès. Elle est une nécessité.

Cela fait au bas mot 60 ans que les principaux États européens tentent d’unifier leur territoire en un espace économique commun.

Ils n’y sont arrivés que très partiellement, en unifiant surtout ce qui était utile au mouvement des capitaux et des marchandises.

Pour les bourgeoisies européennes, le fait que l’économie des États-Unis, grâce à un vaste territoire unifié et surtout à un État central, surclasse celle des pays européens, a été un aiguillon pour qu’elles essayent de surmonter leurs divisions nationales. Mais, d’un autre côté, les grands groupes capitalistes français, britanniques ou allemands restent attachés à leur propre État national, dont ils obtiennent en permanence soutiens et appuis de toutes formes - y compris au détriment de leurs concurrents européens - comme des commandes, des subventions, une aide diplomatique pour remporter des marchés à l’étranger, ou encore le soutien politique et militaire à des dictatures bien disposées à leur égard.

Cette contradiction explique la lenteur et le caractère laborieux de la construction de l’Union européenne. Une partie de ses membres ont fini par se doter d'une monnaie unique avec l'euro. Mais l’absence d’une véritable unification politique rend cette construction fragile et susceptible d’être remise en cause. L'Union européenne reste une arène où s'exprime les rivalités nationales qui font tanguer régulièrement l’ensemble de l’édifice et menaceront demain, en cas de crise importante, jusqu’à son existence.

Les rapports qui régissent les relations à l'intérieur de l'Union européenne ne sont pas différents de ceux qui existent dans le reste du monde impérialiste : les États les plus faibles sont subordonnés aux impérialismes dominants, à commencer par l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France. Le paravent des institutions dites "démocratiques" masque mal le talon fer des bourgeoisies européennes les plus puissantes qui s'impose à toutes les populations d'Europe, comme l’a montré récemment l’exemple de la Grèce dont la population a été saignée par des années d’austérité, sans qu’il soit jamais tenu compte des votes qui ont eu lieu.

Spéculant sur le mécontentement et le rejet suscités par cette Europe des capitalistes, des démagogues mettent en avant le retour à des États nationaux « souverains ». Mais ces États n’ont jamais été autre chose que les instruments des bourgeoisies nationales pour imposer leur dictature sur leur population. Le rétablissement des frontières nationales se traduirait par une régression économique et sociale que les classes dominantes feraient payer en premier lieu aux travailleurs et aux couches populaires.

Dès aujourd’hui, à force de dresser toujours plus de murs et de barbelés pour s’opposer à l’entrée des migrants de plus en plus nombreux à fuir la misère et la guerre ravageant les pays les plus pauvres, cette Europe forteresse se retrouve menacée d’être à nouveau morcelée par des frontières intérieures et, demain peut-être, par de nouvelles guerres suscitées par le déchainement des nationalismes.

En tant que communistes, nous combattons les idées nationalistes, la xénophobie et tout ce qui oppose les travailleurs les uns aux autres. Nous sommes favorables à tout ce qui va dans le sens de la disparition des frontières.

Seuls les travailleurs, en se débarrassant du capitalisme, peuvent mettre en place une Europe véritablement unie et fraternelle : les États-Unis socialistes d’Europe. Et cette Europe-là ne pourra être que le début d’une union de tous les peuples à l’échelle mondiale.

Quitter l’Union européenne et retrouver de la « souveraineté » ?

Parler de la souveraineté du peuple, c’est une escroquerie politique ! Les seuls souverains dans cette société, ce sont les capitalistes : Michelin, le roi du caoutchouc ; Bettencourt, la reine des cosmétiques ; Sanofi, le grand maître des médicaments.

Quand on est exploité, on n’est souverain de rien du tout, que les lois se décident en France ou à l’échelle de l’Europe. On est dépendant de cette classe qui possède les capitaux et qui a le pouvoir de nous embaucher, de nous verser un salaire, de fixer nos horaires, les dates de nos congés… On est dépendant pour le choix de son métier, de son poste de travail, pour son lieu de travail. Parler de souveraineté, c’est une façon de brouiller la conscience des travailleurs et de les détourner de leur combat de classe, en leur faisant croire qu’il y a des intérêts communs entre les travailleurs et la bourgeoisie.

Quand Marine Le Pen prétend que l’État français ne peut venir en aide aux entreprises françaises à cause des règlements de l’Union européenne, elle ment ! Alstom et PSA ont bénéficié de milliards d’euros versés par l’État sous différentes formes, sous Sarkozy comme sous Hollande. Cela n’a nullement protégé les travailleurs dans ces grands groupes qui ont supprimé des milliers d’emplois.

Les dirigeants français n’ont pas besoin des directives européennes pour s’attaquer aux travailleurs. La loi travail n’a pas été imposée par Bruxelles, mais rédigée par les chefs de cabinet de Valls, Macron et El Khomri sous la dictée du grand patronat français.

Si les classes populaires européennes subissent l’austérité, si la population grecque est pressurée, ce n’est pas à cause des traités européens. C’est pour que les grandes banques, françaises aussi bien qu’allemandes, comme la Société générale, BNP-Paribas et la Deutsche Bank, soient remboursées coûte que coûte.

Alors, laissons les mots d’ordre de souveraineté du peuple ou de la France aux partisans de la bourgeoisie et reprenons les objectifs qui ont toujours été ceux du mouvement ouvrier : l’émancipation des exploités, à l’échelle de la planète.