Enseignement supérieur - recherche

Enseignement supérieur

L’enseignement supérieur a été engagé dans une course désastreuse au désengagement financier de l’État, que le gouvernement soit de gauche ou de droite.

Sous prétexte de rendre les établissements « autonomes », la loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (dite loi LRU ou loi Pécresse), adoptée en 2007 sous le gouvernement Fillon-Sarkozy a tout simplement dépouillé du financement public nécessaire, les 83 universités du pays. Quelques années après que cette loi soit entrée en vigueur, certaines universités sont incapables de boucler leur budget et placées sous tutelle publique, d’autres font face à de graves difficultés financières. Elles suppriment des postes et des dizaines de milliers d’heures d’enseignement. Les universités sont surchargées.

Et si cette loi n’a pas été remise en cause par le gouvernement de Hollande, c’est que le mot d’ordre de tous les gouvernements, c’est de faire des économies. Car les caisses publiques sont vides. Mais si elles sont vides c’est qu’ils les ont mises au service du grand patronat. Alors, il n’est pas surprenant que la question centrale des moyens, financiers et humains, accordés à l’éducation, comme à l’enseignement supérieur, est une question cruellement absente des politiques gouvernementales.

Plutôt que de financer la recherche publique et les universités, l’État préfère consacrer des milliards au CIR (Crédit Impôt Recherche), dont 80 % va aux grandes firmes multinationales. L’ensemble du CIR, 6 milliards d’euros, représente plus de deux fois ce que l’État alloue annuellement à tout le CNRS. L’industrie pharmaceutique s’est octroyée deux milliards de CIR entre 2008 et 2012 tout en détruisant 2 400 emplois de recherche et développement. Renault, qui touche 140 millions d’euros de CIR par an, avait créé des filiales fantômes, tout en réduisant ses investissements et ses effectifs en recherche et développement. 140 millions d’euros, c’est ce qui est nécessaire pour faire fonctionner une université de 20 000 étudiants.

Au-delà de tous les prétextes fallacieux invoqués pour justifier les différentes « réformes » entreprises depuis des années, leur seule motivation véritable tient à la volonté gouvernementale de diminuer l’investissement de la collectivité dans le domaine éducatif.

 

On nous abreuve de « de liberté et d’autonomie »  pour faire passer en contrebande la diminution des postes et des budgets. Il y a eu 45 000 étudiants de plus à la rentrée 2016 (sur 2,5 millions de jeunes dans l'enseignement supérieur, dont 1,5 million à l'université), mais 7 000 enseignants de moins depuis 2009, selon les syndicats. Dans l’enseignement supérieur comme dans tous les services publics, l’argent public doit servir à créer les emplois qui manquent.