Education

En France près de 40% des élèves issus de milieux défavorisés sont en difficulté. Les gouvernements mis en place par Chirac, Sarkozy et Hollande se partagent la responsabilité de cet échec. Sarkozy avait supprimé 80 000 postes d’enseignants. Hollande avait promis de faire de l’école une priorité et de recréer 60 000 postes mais, le nombre d’élèves ayant augmenté du fait de la démographie, l’encadrement n’a pas pour autant été amélioré.

Dans les écoles, les collèges et les lycées, on se retrouve donc toujours dans la même situation. Toute une partie des élèves de familles populaires ne peuvent acquérir au début de l’école primaire les bases nécessaires pour poursuivre leur scolarité, et les enseignants sont bien incapables d’y remédier, faute de moyens pour travailler en petit groupe ou individuellement. Ces élèves poursuivent ensuite une scolarité chaotique émaillée de quelques redoublements, au moins jusqu’à leurs 16 ans, qui sonnent la fin de la scolarité obligatoire.

Pour que cela change, il faudrait consacrer l’agent public à l’éducation au lieu de la distribuer, à perte, au grand patronat.

Le 14 janvier, le Syndicat Général des Lycéens organisait une journée de discussions sur la réforme du système éducatif. Les candidats à la présidentielle avaient été invités à présenter leur programmme en la matière. Lutte ouvrière est venue pour faire entendre son point de vue et ne particulier de ses idées communistes révolutionnaires.

 

Dans les 7 minutes qui nous étaient dévolues, nous tenions à montrer que les problèmes des lycéens sont ceux de toute la société. Tous les problèmes liés au manque de personnel, de moyens, sont une facette des économies faites sur tous les services publics utiles à la population. Le sentiment d’un avenir bouché dans ce monde en crise pèse sur la jeunesse. Toutes les inégalités, les absurdités et les oppressions de la société capitaliste se retrouvent dans l’école. Des lycéens sont victimes de la politique xénophobe d’expulsion des migrants.

 

Ce ne sont pas les élections qui y changeront quelque chose. Mais qu’on ait ou pas l’âge de voter, on peut et on doit faire entendre notre colère face à cette situation. Pour les participants, dont la plupart se sont engagés suite au mouvement contre la loi Travail, cela allait de soi. Et justement, dans ce mouvement, nous avons pu sentir la force que nous pourrions être si le monde du travail relevait la tête, et se mettait à lutter pour ses intérêts. La jeunesse révoltée, tous ceux et celles qui veulent changer le monde, se sont naturellement retrouvés du côté des travailleurs.

 

C’est le sens de la candidature de notre camarade Nathalie Arthaud. Dire que le changement ne viendra que de nos propres luttes collectives, dans la continuité des combats du mouvement ouvrier. Certains ont été surpris que nous ne déballions pas un programme de gouvernement, contrairement à tous les autres. En effet, nous sommes des révolutionnaires, notre objectif est que les salariés, les classes populaires mobilisés, prennent eux-mêmes leurs affaires en main, décident de tout que ce soit dans l’économie ou dans les affaires publiques.

 

Il y a eu aussi des discussions informelles dans les couloirs au cours de la journée, sur des sujets aussi variés que les réalisations en matière d’éducation de la Commune de Paris ou de la révolution russe ; sur des questions tels que pourquoi se réclamer du mouvement ouvrier, et d’ailleurs est-ce qu’il y a toujours des ouvriers ; est-ce qu’il peut encore y avoir un Mai 68... La curiosité de certains était piquée par ce mot «communisme» : en quoi est-ce que c’est différent de l’anarchisme, est-ce que l’égalité veut dire un nivellement par le bas, est-ce que les travailleurs seraient vraiment capable de diriger eux-mêmes, ou bien est-ce que le pouvoir leur pourrait leur être de nouveau confisqué...

 

En tout cas, l’idée d’un changement révolutionnaire de la société a suscité de l’intérêt !