Droits des femmes

La lutte contre l’oppression des femmes fait partie de notre combat de militants communistes révolutionnaires.

Je suis fière d’appartenir à la première organisation politique qui ait présenté une femme, Arlette Laguiller, à l’élection présidentielle de 1974. Aucun des partis de la bourgeoisie n’avait eu ce courage jusque-là. Et encore aujourd’hui, ils sont bien incapables, malgré toutes les lois censées les y obliger, d’assurer aux femmes la place qui devrait leur revenir.

Il faut croire que, dans cette société, il faut être révolutionnaire pour mener le combat pour les droits des femmes d’une manière conséquente !

Pour imposer la reconnaissance de leurs droits, même le droit élémentaire de s’exprimer en votant, les femmes ont été obligées de se mobiliser. La France n’a reconnu ce droit aux femmes qu’en 1944… bien après la Turquie !

Et aujourd’hui encore cette lutte doit se poursuivre contre ceux qui régulièrement tentent de remettre en cause le droit à l’avortement et contre toutes les violences faites aux femmes.

Bien des lois ont été votées pour garantir l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, mais rien n’est fait pour qu’elles soient appliquées. Le patronat sous-paie les femmes, car il s’appuie sur toutes les inégalités pour tirer les salaires et les conditions de travail vers le bas et diviser le monde du travail. Les travailleuses ont un rôle essentiel dans le combat de leur classe contre le capitalisme.

Nous avons été, et sommes toujours, partie prenante des divers combats féministes : nous avons participé au Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC), dans les années 1970 ; nous nous opposons aujourd’hui à ceux qui remettent en cause le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ; nous nous opposons aussi aux pressions pour le port du voile et aidons, dans la mesure de nos moyens, les femmes qui veulent rejeter ce symbole de soumission.

Dans notre organisation, nous faisons une place pleine et entière aux femmes, y compris à sa direction. En 1974, nous avons choisi de présenter une femme à l’élection présidentielle. Arlette Laguiller se faisait d’abord la porte-parole des travailleurs, mais elle a aussi dénoncé l’absence des femmes à des postes de responsabilité dans la vie sociale et politique, l’inégalité des salaires, l’interdiction de l’avortement. Et nous avons choisi de nouveau une femme, Nathalie Arthaud, pour être notre porte-parole nationale et nous représenter, notamment, lors de l'élection présidentielle de 2012.

Nous sommes convaincus que l’inégalité sociale entre hommes et femmes n’est pas naturelle ou pas innée, mais qu’elle est le produit de l’histoire des sociétés humaines, et est liée en particulier à l’apparition de la propriété privée. Par conséquent, l’oppression de la femme prendra fin un jour, mais elle ne pourra être totale qu’avec la disparition de l’exploitation capitaliste, c’est-à-dire l’avènement du socialisme. Et réciproquement : la révolution et le passage au socialisme ne seront pas possibles sans la participation des femmes des classes populaires. Le combat pour le socialisme et la lutte contre l’oppression de la femme sont ainsi étroitement liés.

Réponses de Nathalie Arthaud à des courriers reçus pendant la campagne

En tant que militante d’une organisation qui défend le droit des femmes, je suis étrangère au marché du sexe. La prostitution existe bien depuis des siècles, non pas parce qu’elle serait « le plus vieux métier du monde », mais parce qu’elle est liée à l’existence de sociétés d’exploitation où tout peut devenir une marchandise. Et depuis, elle est le corollaire de l’oppression des femmes, considérées principalement comme des objets de reproduction et d’assouvissement des désirs sexuels.

Quant à savoir si c’est un  « métier » ou pas, c’est un faux débat, qui masque le fait que dans cette société d’inégalités, de chômage, de toute puissance des uns, la prostitution n’est pour une grande majorité pas un choix. Pour que la prostitution n’ait plus lieu d’être il faudrait des relations égalitaires entre les individus qui veulent avoir des rapports sexuels et bien sûr aucune contrainte économique ou physique amenant un des deux partenaires - et c’est presque toujours une femme - à recevoir de l’argent pour ça. Aujourd’hui au contraire, les effets de la crise économique favorisent la prostitution dans les milieux modestes.

Prôner la liberté de se prostituer c’est nier la réalité de cette barbarie car la prostitution est majoritairement l’œuvre de réseaux de traites de femmes. Les prostituées en France, pour leur grande majorité,  sont étrangères, vendues, battues, droguées et violées maintes fois avant d’être jetées dans ce calvaire. Elles se retrouvent soumises à leurs esclavagistes, seules, et connaissent les pires difficultés physiques et psychologiques pour s’échapper. Non seulement l’État ne les aide pas suffisamment, ne leur offre ni papiers définitifs ni secours officiels efficaces, mais il continue d’en faire des coupables.

Il y a une grande hypocrisie de la part des gouvernants de viser la prostitution de rue visible mais ne lutter ni contre le proxénétisme ni contre la prostitution cachée. Du coup, les lois sur le racolage passif comme la loi sur la pénalisation des clients amènent les prostituées à baisser leur prix ou à accepter des rapports non protégés pour convaincre les clients hésitants, à se cacher davantage ce qui leur fait courir de vrais dangers.

La loi ne les protège pas alors qu’une lutte implacable serait nécessaire contre les proxénètes, les violeurs, toux ceux qui soumettent par la violence les femmes à des actes contraints.

Il faut en même temps faire en sorte que celles et ceux qui pratiquent la prostitution ne soient pas marginalisés au point d’être mis en danger par la maladie, le mépris, la violence, les mauvais traitements, le manque de formations, l’impossibilité d’apprendre la langue du pays.

Les prostituées ont des droits, doivent les connaître et pouvoir les exercer. Elles doivent pouvoir être suivies médicalement et bénéficier de toutes les aides sociales.

Je suis donc pour  mettre en place de véritables moyens financiers et humains dans l’hébergement et le suivi social des mineurs isolés et des jeunes exclus, notamment LGBT, augmenter les moyens alloués à l’hébergement d’urgence, à la protection et à la prise en charge des victimes de violences, en particulier sexuelles et conjugales, notamment dans l’accès à un logement sécurisé, augmenter les montants et possibilités d’accès aux bourses étudiantes.

Je suis bien sûr favorable à la régularisation de tous les sans papiers.

Je me félicite par ailleurs de la fin des tabous et de la réprobation publique concernant la transsexualité et de façon générale je soutiens toutes les propositions permettant de faciliter les démarches administratives et de donner les mêmes droits à tous.