Après l'attentat des Champs-Elysées

Communiqué
21/04/2017

Après l’attentat survenu hier soir sur les Champs-Elysées, j’ai eu l’occasion d’exprimer ma compassion pour les victimes et leurs familles.

En même temps, je rejette toute solidarité avec l’État français. Sa politique impérialiste alimente le terrorisme. Aujourd'hui, il intervient en Syrie, en Irak, au Mali, prétendument pour le combattre. C’est en réalité pour défendre les intérêts français, dans ces régions pillées et ravagées depuis l’époque coloniale. Pour les mêmes raisons, l’État français a soutenu par le passé le régime féroce de Bachar Al Assad, et appuie aujourd'hui des dictatures moyenâgeuses, comme le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui financent des groupes djihadistes.

Tel le docteur Frankenstein dont la créature lui avait échappé, les grandes puissances voient ceux qu’elles avaient soutenus se retourner contre elles. Elles ont soutenu Ben Laden, elles ont eu Al Qaida ; elles sont intervenues en Irak, elles ont eu l’État islamique. Elles ont nourri le terreau réactionnaire sur lequel prospèrent aujourd'hui les djihadistes.

Alors, je rejette toute démagogie sécuritaire et guerrière. Je rejette les amalgames abjects entre terroristes, migrants et musulmans. Tous les travailleurs ont les mêmes intérêts, quelle que soit leur origine, la couleur de leur peau et leur religion. Ils doivent se souder autour d’une autre perspective, la seule valable : lutter ensemble pour une société débarrassée de l’impérialisme, de ses guerres et de tous ses avatars.

Nathalie Arthaud