Tommie Smith et John Carlos, sur le podium du 200 m aux JO de Mexico en 1968

21 Avril 2017

Hier soir, dans l’émission politique « Quinze minutes pour convaincre », France 2 m’avait demandé de venir avec un objet. J’ai apporté cette photo de Tommie Smith et John Carlos, deux sprinteurs noirs américains, sur le podium du 200 mètres, aux Jeux Olympiques de Mexico en 1968. Ces deux athlètes font partie des grandes figures que j’admire et dont j’aime m’entourer, parce qu’ils m’inspirent et me donnent du courage. Ils ont profité de leur réussite personnelle pour faire un geste militant et dénoncer la ségrégation dont les Noirs américains étaient victimes.  Pendant qu’est diffusé l’hymne américain, ils lèvent le poing, comme leurs frères dans les ghettos. John Carlos porte un collier, en mémoire des lynchages. Ils portent tous trois le même badge contre le racisme, y compris l'Australien Peter Norman, qui montre ainsi sa solidarité.

Pour ce geste de quelques secondes, il fallait beaucoup de courage. Ils l’ont payé, d’ailleurs, parce qu’ils ont été mis au ban du monde olympique. Mais des millions d’opprimés se sont retrouvés dans leur geste, dans le monde entier. Et aujourd'hui encore, je m’y reconnais.

L’avenir de la société dépend du combat des travailleurs contre l’exploitation, mais je me reconnais dans tous les combats que les opprimés ont menés : la révolte de Spartacus dans la Rome antique, les combats anticolonialistes, en passant par les révoltes paysannes contre la féodalité et les luttes des femmes pour leurs droits.

De façon générale, je pense qu’il ne faut pas garder son poing dans sa poche. Quand on est révolté, quand on a un combat à mener, eh bien la première des choses, c’est de le montrer et de l’affirmer.