Vive la lutte des travailleurs de Guyane !

28 Mars 2017

Depuis plusieurs jours, la Guyane est en ébullition. La grève générale est massivement suivie. Le lancement d’Ariane 5 a été ajourné ; les établissements scolaires et la plupart des administrations sont fermés ; le port de commerce est fermé et les avions gros porteurs ne peuvent plus atterrir. Les Guyanais sont quasi unanimes pour dénoncer la politique de l’Etat français. Et cette politique est en effet révoltante.

Le contraste est flagrant avec les énormes moyens matériels dont dispose la base de Kourou et l’extrême dénuement de la population. D'un côté, des équipements ultramodernes pour lancer ces merveilles de technologie que sont les fusées Ariane. De l'autre, les bidonvilles et des quartiers sans eau courante ni électricité.

Alors que les politiciens français s’enorgueillissent de la présence du pays sur les cinq continents, l’Etat ne se donne même pas les moyens de scolariser toute la population et de la soigner. Les contrats liés à la base de Kourou sont une manne pour les groupes comme Eiffage. Mais pour la population, c’est le chômage, les petits boulots, la vie chère et une criminalité grandissante. Avec un jeune sur deux sans emploi et 44 % des familles sous le seuil de pauvreté, la situation ne peut qu’être explosive.

Aujourd’hui, la population demande des comptes au gouvernement et à Hollande, qui avait promis en 2013 d’apporter 2 milliards à la Guyane. Je souhaite que cette mobilisation permette aux travailleurs de redécouvrir leur force collective et leur capacité à peser sur les autorités de Paris par en bas, comme l'avaient fait les travailleurs de Guadeloupe mobilisés contre la vie chère en 2009.

Je souhaite que les travailleurs de Guyane, qui portent l’essentiel de cette lutte, sachent défendre leur cause et leurs intérêts de classe face à l’État français, mais aussi face aux possédants, y compris les notables locaux. La mobilisation qui démarre en Guyane offre infiniment plus de perspectives aux travailleurs pour faire avancer leurs revendications sur les emplois et les salaires que leur bulletin de vote. Alors vive la lutte des travailleurs de Guyane !