Saint-Denis : la police vide un lycée et remplit les commissariats !

13 Mars 2017

Mardi 7 mars, quelques jeunes ont semé la panique au lycée Suger. Après plusieurs départs de feu dans des poubelles et des tirs de mortiers, l’administration, en accord avec la police a décidé de faire évacuer le lycée. C’est alors qu’entre 500 et 800 élèves se sont retrouvés cernés par plusieurs cordons de police. Et ce qui devait arriver arriva : la situation a dégénéré.

Alors que la bande de casseurs a  poursuivi son chemin, s’introduisant violemment dans plusieurs lycées et pillant des magasins dans le centre, la police a embarqué  pour  « attroupement » plusieurs dizaines de lycéens, montrant une fois de plus que pour elle, les jeunes de banlieue étaient tous des délinquants en puissance, à traiter comme des ennemis.

Les  lycéens arrêtés,  dont au moins 44  mineurs, ont ainsi passé plus de trente heures en garde à vue, sans possibilité d’entrer en contact avec leurs parents ou un avocat. Certains ont été frappés, insultés, contraints de passer la nuit assis sur le sol au commissariat de Saint-Denis.

Je m’associe à la colère des lycéens, de leurs  parents et des enseignants du lycée Suger. Loin de faire retomber les tensions faisant suite à l’agression de Théo, la police met de l’huile sur le feu. Beaucoup de parents racontent que les contrôles au faciès et les intimidations font partie du quotidien de leurs enfants. Ils craignent aujourd’hui que « la cocotte-minute finisse par exploser ».

Les enseignants des lycées de Saint-Denis, sont eux aussi scandalisés. Et pour cause ! Au lycée Suger, ils se battent depuis la rentrée pour obtenir des conditions de travail normales. Ils ont fait deux semaines de grève pour réclamer des moyens supplémentaires, justement en raison de la violence croissante dans le lycée. Ils ont en tout et pour tout obtenu un seul poste d’assistant d’éducation ! Et qu’en dit aujourd’hui la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem ? « Qu’elle pense très fort à eux » et qu’il est « inadmissible que la violence entre dans les lycées » !

Quant à  Fillon et le Pen, ils ont bien évidemment sauté sur l’occasion pour s’en prendre aux jeunes de banlieue et même à leurs parents, dont ils réclament qu’on leur coupe les aides sociales, quand bien même ils sont, eux, poursuivis pour des délits bien plus graves.  

Voilà comment cette jeunesse des quartiers populaires est traitéeOn lui demande d’être respectueuse des valeurs de la République, mais elle subit le racisme, la violence et le mépris qui sont les fruits empoisonnés des inégalités et du chômage.

Il faut que cette jeunesse sache qu’il existe des femmes et des hommes révoltés, comme elle, contre cette éducation et cette société à deux vitesses. C’est pourquoi il est important qu’un courant politique affirme la nécessité de combattre l’exploitation et le capitalisme. Se rallier à ce combat est la seule voie qui peut sortir la jeunesse de l'impasse dans laquelle l'emprisonne l'ordre social de la bourgeoisie.