Théo, les violences policières et le deux poids deux mesures de la justice

10 Février 2017

L’agression violente dont le jeune Théo a été victime à Aulnay-sous-Bois est révoltante. Ce passage à tabac par quatre policiers, ce viol mutilant avec une matraque, ces humiliations racistes sont insupportables.

Et l’ignominie continue, avec le deux poids et deux mesures de la justice : des jeunes accusés d’avoir jeté des pierres en réaction à cette agression sont déjà condamnés à des peines de prison ferme ; les quatre policiers sont, quant à eux, placés sous contrôle judiciaire mais laissés en liberté. Au nom de la présomption d’innocence ? Mais de quelle présomption d’innocence le jeune Théo a-t-il bénéficié ? Il n’y jamais de présomption d’innocence pour les jeunes qui passent un moment avec leurs copains en bas de leurs immeubles. Aux yeux de la police, ils sont tous des délinquants, des dealers, des ennemis !

Et c’est la même chose aux yeux de Fillon qui explique que « la police, la gendarmerie, les forces de sécurité […] n'ont rien à voir là-dedans ». Aux yeux de Marine Le Pen, qui a commencé par prendre le parti des policiers, tandis qu’un responsable du FN traitait Théo de « racaille » ! Et que dire d’un prétendu « syndicaliste », représentant de Unité SGP-FO Police, qui explique que le terme « bamboula », utilisé par les policiers envers Théo, était « à peu près convenable » ?

Théo a survécu et peut donc témoigner. Mais qu’a subi Adama Traoré avant qu’il décède, le 19 juillet dernier à Beaumont-sur-Oise ? Parce que la « bavure » d’Aulnay n’est pas un cas isolé. Chaque année, une dizaine de jeunes meurent à la suite de l’intervention de la police. Quant aux interpellations qui tournent mal parce que certains policiers se comportent comme en territoire ennemi, elles sont légions.

La voilà, notre société : le racisme, la marginalisation, l’humiliation et la répression pour toute une fraction de la jeunesse populaire ; des passe-droits et des situations en or quand on est fils de politicien ou de bourgeois !

On n'en sortira pas en quadrillant les quartiers, en multipliant les contrôles au faciès ou en élargissant les règles d’utilisation des armes des policiers, comme le souhaitent le gouvernement PS, la droite ou l'extrême-droite, après les manifestations policières. La société qu'ils nous préparent, c'est cette Amérique où les policiers ont un véritable permis d'abattre des Noirs ou Hispaniques et où plusieurs centaines de milliers de jeunes croupissent en prison pour des années. Il faut au contraire lutter contre les inégalités et contre ce chômage de masse qui gangrène la société et confisque toute perspective d’avenir à aux jeunes des quartiers populaires.