« L’Irréprochable » et « l’Exemplaire » Fillon…

31 Janvier 2017

 « Pour gouverner un pays, ma conviction est qu'il faut être irréprochable. Je pose le principe de l'exemplarité du Président et des ministres » a solennellement déclaré Fillon en septembre dernier. Sauf qu’il aurait, lui aussi, mis les doigts dans le pot de confiture. Et il y serait allé franchement ! 500 000 euros pour sa femme en tant qu’assistante parlementaire ; un petit coup de main à ses enfants qui ont mené des « missions » « en raison de leurs compétences » alors qu’ils étaient étudiants ; quelques milliers d’euros pris dans une caisse noire du Sénat ; et pour compléter le tout, un petit service à 100 000 euros rendu par un de ses amis, milliardaire et propriétaire d’une revue littéraire qu’il a lui-même décoré de la grand-croix de la Légion d’honneur…

 Fillon crie au complot et s’indigne que son honneur soit bafoué car tout serait « légal ». Et quand bien même ! Il a placé sa femme, ses enfants, et pourquoi pas ses frères, ses sœurs, ses cousins ! Et on parle de 600 000 euros. Combien faut-il d’années de travail à un ouvrier pour les gagner ? 20, 25, 30 ans ! Légale ou pas, pour le chantre des économies, de la sobriété et du mérite, ces largesses, aux frais des contribuables, sont scandaleuses.

Fillon est blessé de voir sa vie et celle de ses proches passée au crible alors qu’il est candidat à la présidentielle. Mais des comptes, les travailleurs sont sommés d’en rendre en permanence : au moindre entretien d’embauche, à la moindre lettre de motivation, on est inspecté sous toutes les coutures et pour certains emplois, il faut même un casier judiciaire vierge. Idem pour les chômeurs qui doivent s’expliquer sur toutes leurs recherches d’emplois, fournir des preuves, justifier de leur demande s’ils repoussent un rendez-vous, etc.

Fillon se prétend « irréprochable » et « exemplaire », mais comme tous les bourgeois qui n’ont de cesse de prêcher des sacrifices aux travailleurs, il ne supporte pas d’avoir à rendre des comptes. Il ne veut pas que l’on parle de ses déplacements en Falcon, de ses conférences payées des milliers d’euros, de ses montres à 16 000 euros, de son château et de sa fortune. Il fait partie de cette longue liste de dirigeants politiques qui sont socialement étrangers au monde ouvrier et qui lui sont hostiles. Alors après Sarkozy, Juppé, Hollande et Valls, dehors Fillon !