Fidel Castro : les tenants de l’ordre impérialiste n’enterreront pas la révolution

05 Décembre 2016

La polémique déclenchée par Ségolène Royal lors des funérailles de Castro me décide à revenir sur le sujet, en plus des articles écrits dans notre journal.

La ferveur de centaines de milliers de Cubains qui a accompagné ces funérailles et les nombreux hommages rendus par les pauvres d’Amérique latine et d’ailleurs ont montré combien Castro était  admiré et aimé des opprimés. En brillant par leur absence, les principaux dirigeants du monde occidental ont, à l’opposé, exprimé leur haine tenace contre un homme et un régime qui a osé leur tenir tête et prendre le parti des va-nu pieds. Eh bien, c’est, malgré eux, le meilleur hommage qu’ils pouvaient rendre à Castro !

Même mort, Castro leur est insupportable. Cela fait pourtant des années qu’il ne représente plus une menace pour les puissances impérialistes. Mais l’image incarnée par « Fidel » est celle d’un peuple révolté, d’un peuple qui se libère et conquiert sa dignité. C’est cet espoir-là qu’ils veulent bannir.  

Le régime cubain basé sur le parti unique n’est pas démocratique. C’est un régime autoritaire, paternaliste et dictatorial par certains aspects. Mais entendre caricaturer Castro en « dictateur » et Cuba en « goulag des Caraïbes » par ceux-là même qui choisissent de fermer les yeux voire de soutenir bien des dictatures, du Qatar à l’Arabie Saoudite en passant par la Russie est insupportable.

Contrairement aux dictateurs amis des impérialistes qui défendent la propriété d’une minorité et pillent leur pays pour un clan en laissant la population affamée, le régime cubain a donné la terre des grands propriétaires fonciers aux paysans ; Il a utilisé les richesses du pays pour construire des écoles et des hôpitaux. C’est cela qui dérange les grandes puissances car elles ne tolèrent que des paillassons comme les Mohammed VI, les Bongo,  les rois du pétrole du golfe Persique… du moins tant qu’ils font leurs affaires.

Les limites du régime cubain étaient inscrites dans les choix de Castro et de ses guérilleros. Les castristes ne se disaient ni communistes, ni capitalistes mais « humanistes ». Ils croyaient pouvoir imposer l’indépendance de leur pays sans avoir à renverser la domination impérialiste sur le monde. Ils croyaient, par leur paternalisme, pouvoir instaurer un régime favorable aux plus pauvres. C’était illusoire. Et le régime n’a tenu que grâce au soutien de l’URSS.

Les exploités ne pourront s’émanciper sans renverser le capitalisme à l’échelle internationale. L’action d'un lider maximo, aussi radical soit-il, ne peut suffire. C'est aux travailleurs de prendre leur sort en main et celui de la société. Ils n’y parviendront qu’en créant un pouvoir révolutionnaire tirant sa force de la participation des exploités, de leur intervention directe et constante sur les grandes comme les petites choses.

L'hommage populaire rendu à Castro atteste de la soif de liberté et de l’aspiration à une vie meilleure des opprimés. Ces aspirations-là, personne ne les enterrera jamais. Tôt ou tard, elles alimenteront de nouvelles révolutions.