Soutien à l’inspectrice du travail et au salarié licencié de Tefal. A bas cette Justice de classe !

17 Novembre 2016

Mercredi 16 novembre, allant tenir un meeting à Annecy, je me suis arrêtée à Chambéry pour rencontrer la presse. J’ai aussi pu passer rapidement au rassemblement de soutien à Laura Pfeiffer, inspectrice du travail, et à Christophe, technicien licencié par la direction de Tefal .

L’affaire éclate en 2013 quand Laura Pfeiffer constate des infractions à la législation du travail à Téfal, grosse entreprise de Haute-Savoie. La direction de l’usine et le directeur départemental du Travail tentent alors de la faire taire, n’hésitant pas à recourir aux services de certains travaillant aux Renseignements généraux ! Un informaticien de l’entreprise témoin de la machination révèle des courriers électroniques compromettant pour tout ce petit monde.

Qui s’est alors retrouvé devant la Justice ? Les dirigeants patronaux ? Les responsables de l’État mis en cause ? Non ce sont ceux qui défendaient les droits des travailleurs qui se sont retrouvés accusés ! Les procès verbaux constatant les infractions de Tefal sont restés sans suite. Le salarié de Téfal s’est fait licencier. Et décembre 2015, ce dernier et Laura Pfeiffer ont été condamnés à 3500 € d’amende avec sursis et 2500 € de paiement de frais de justice, pour « détournement de courriels et accès frauduleux à un système informatique, recel et violation du secret professionnel ».

Ils ont été condamnés pour avoir essayé de faire respecter les droits des travailleurs et avoir demandé justice ! Et ce mercredi 16 novembre la cour d’appel de Chambéry a confirmé ces condamnations.

Cette affaire est une leçon de choses. Il y a le fameux code du travail, conçu en théorie pour protéger les droits des salariés. Et puis, à côté de cela, il y a toutes les autres lois destinées à protéger les intérêts patronaux et il y a les connivences entre puissants, les complicités entre procureur, responsables de l’Administration, rédacteurs en chef… qui permettent de justifier toutes les injustices.

Une fois de plus, nous constatons que ni les lois, ni le gouvernement, ni la justice ne nous protégeront. Seule notre organisation et notre action collective peuvent nous y aider.